D'après une enquête menée par nos confrères du Nieuwsblad, le cabinet de Maggie De Block a ignoré à plusieurs reprises les mises en garde provenant, sous forme de notes internes, des experts. Ces derniers avertissaient la ministre que le coronavirus allait mener à une crise sanitaire importante mais leurs indications n'ont pas été prises au sérieux.

Remontons au 22 février 2020, soit une vingtaine de jours avant que le confinement soit décrété sur l'ensemble du territoire belge. Une note arrive au sein du cabinet de la ministre de la Santé. Ce rapport du Comité scientifique fait part de l'inquiétude des experts. "Un fait sans précédent", clame Steven Van Gucht, virologue de Sciensano. Deux jours plus tard, Maggie De Block se confie dans les colonnes du Tijd. La libérale est confiante. Elle qualifie notamment le virus de "grippe ordinaire" qui ne se transmettrait qu'en éternuant au visage d'autrui.

Dans la foulée, les notes internes se sont multipliées avant que les premières mesures sanitaires ne soient prises mais, comme le rapportent nos confrères, les experts se seraient "heurtés à un mur". 

Un autre rapport insiste à l'époque sur la nécessité de "créer une équipe mobile pour pouvoir tester un nombre croissant de personnes dans un avenir proche". Maggie De Block répond alors que cela n'a aucun sens et que c'est "scientifiquement complètement faux". 

Le 25 février, le groupe d'experts demande également un plan visant à augmenter la capacité des hôpitaux, ainsi que l'activation du Centre de crise. Rien ne se fera avant le 10 mars, date à laquelle Sophie Wilmès finit par convoquer le Conseil national de sécurité.