Alors que Jürgen Conings reste introuvable malgré les nombreuses pistes explorées par les policiers, les militaires et les membres de la garde civile, Marc Van Ranst, une de ses cibles, est brièvement sorti de chez lui pour se rendre dans un lieu secret avec Faroek Özgünes, journaliste de VTM.

Le virologue s'est confié sur la situation qu'il vit depuis plus de 20 jours, lui qui est obligé de rester caché, au même titre que sa famille.

Marc Van Ranst a notamment évoqué le fait qu'il aurait pu croiser Jürgen Conings, le lundi 17 mai. Mais une demi-journée de congé pour rentrer plus tôt chez lui a finalement évité le pire. Ce jour-là, pour la première fois depuis an et demi, le virologue décide de rentrer chez lui prématurément. Ce qui l'a empêché de se retrouver nez à nez avec Jürgen Conings, qui avait décidé de surveiller la maison du virologue le lundi soir, à l'heure où Van Ranst rentre habituellement à son domicile.

Depuis lors, Van Ranst et sa famille sont surveillés par la police. Mais plutôt que de rester discret, le virologue continue d'intervenir dans les médias, et de travailler depuis chez lui. "Pourquoi me taire? Je ne vois aucune raison à cela. Je suis là en tant que victime d'une menace. Il y a un idiot dangereux avec des armes à feu qui veut me tirer dessus, c'est ça le problème. Le seul. Et cela ne va pas être résolu en restant silencieux et immobile. Au contraire!", lance-t-il.

Pour Van Ranst, c'est important de continuer à s'exprimer librement. "Sinon, cela voudrait dire que l'intimidation fonctionne. Et puis ça ne s'arrête pas, mais c'est encore pire."

Tout compte fait, le virologue et sa famille, qui voient des policiers surveiller quotidiennement l'environnement dans lequel ils vivent, vivent plutôt bien cette situation inédite: "Il y a des choses bien pires que ça. C'est un peu comme les personnes qui travaillent sur une plate-forme pétrolière. Nos prisons sont pleines de personnes qui ne peuvent pas sortir comme ça. On ne peut pas encore qualifier la situation de spéciale", confie-t-il. Qui plus est, lui et sa famille le prennent bien: "Ça se passe très bien! C'est un peu comme des vacances où il fait très mauvais et où vous ne pouvez pas quitter votre chambre et vous êtes bloqués pendant 15 jours", relativise-t-il.

Ce mardi, cela fait trois semaines jour pour jour que le virologue est gardé en lieu sûr pour éviter de croiser le militaire extrémiste qui lui a proféré des menaces de mort dans une lettre. Van Ranst et ses proches devraient, normalement, rester sous surveillance policière tant que Jürgen Conings n'a pas été retrouvé.