Le virologue Marc Van Ranst a prévenu vendredi qu'une deuxième vague de la pandémie de coronavirus menaçait la Belgique, au vu des chiffres révélant une hausse du nombre de contaminations qui risque d'entraîner une augmentation du nombre d'hospitalisations. "Face à ces chiffres, il faut bien dire que nous sommes au début d'une deuxième vague", a-t-il déclaré au micro de la VRT-radio, dont il était l'invité.

Selon l'Institut de santé publique Sciensano, la moyenne quotidienne de nouvelles infections au Covid-19 a augmenté de 32% au cours de la période du 7 au 13 juillet par rapport à la semaine précédente, pour atteindre 114,7 personnes contaminées par jour. Quant au taux de reproduction du coronavirus, il est de nouveau passé à 1 en Belgique. Cela signifie qu'un malade atteint du Covid-19 contamine lui-même en moyenne une nouvelle personne. C'est la première fois que ce taux passe au-dessus de 1 depuis le 4 avril, lors du pic épidémiologique. Il se situait alors à 1,06. "C'est beaucoup et cela dure depuis longtemps", a affirmé vendredi M. Van Ranst.

"C'est un électrochoc absolu. Tout le monde devrait s'y mettre: garder ses distances, porter un masque là où c'est nécessaire et limiter le nombre de contacts sociaux. La règle de 15 contacts par semaine n'a pas été adoptée par hasard et je sais que tout le monde n'y adhère pas", a ajouté le virologue et épidémiologiste à l'Université de Louvain (KUL). Selon M. Van Ranst, ces chiffres incluent déjà des gens qui commencent à revenir de vacances. "Nous devons d'urgence savoir d'où" ils reviennent, a-t-il souligné.

Conseil nationale de sécurité (CNS) ne décidera pas jeudi prochain de nouvel assouplissement des mesures de confinement, selon lui. Si les chiffres continuent à évoluer dans la même direction, ce sera plutôt un renforcement des mesures, a avancé M. Van Ranst, qui ne prévoit toutefois pas (encore) de reconfinement complet. "C'est difficile à organiser sans (causer) d'énormes dégâts économiques. Nous allons donc devoir être très créatifs", a conclu le virologue.

A noter que le virologue s'est aussi exprimé sur Twitter et y a fait part de sa consternation: "La moyenne hebdomadaire passe à 115 cas. Il s'agit d'une augmentation de 32%. En ce qui concerne les chiffres quotidiens: le lundi 13/7, il y a eu 216 nouveaux cas. Pour rappel, le 15 mars, nous avions 214 nouveaux cas. Et le 17 mars, c'était le début du lockdown..". Le virologue ajoute : "La seule différence par rapport à mars est que nous n'avons probablement détecté qu'un cas sur 10 à l'époque. Actuellement, ce sera environ 1 sur 3. Cela nous donne un peu (mais pas beaucoup) de répit."