S'il s'était montré très déçu des mesures prises vendredi dernier, Marc Van Ranst était cette fois satisfait des nouvelles annonces faites à l'issue du Comité de concertation de ce mercredi. "Ce sont des mesures fortes. On avait déjà resserré certains assouplissements, maintenant nous allons encore plus loin. Cela devrait nous mettre dans une meilleure position."

Le virologue de la KULeuven n'avait pas caché qu'il était pour un lockdown court mais très strict. "Tout le monde en a marre, mais ce n'est pas ça qui va nous aider maintenant", a-t-il commenté sur VTM Nieuws dès la fin du Codeco de ce jour.

Selon lui, l'objectif de ces nouvelles mesures est double. "D'un côté, nous voulons stopper cette nouvelle vague, ou au moins faire en sorte qu'elle soit la plus petite possible, à la fois au niveau des contaminations et des hospitalisations. De l'autre, nous ne voulons pas rester sur un plateau trop élevé. La courbe doit descendre, sinon ça devient difficile de faire un traçage des contacts".

Combien de temps nous faudra-t-il avant de voir le premier effet des mesures sur les chiffres? Selon Van Ranst, il faudra au moins 12 à 14 jours. Il faudra ensuite faire en sorte que les chiffres soient plus bas qu'après la deuxième vague. "C'est difficile de dire combien de semaines il nous faudra. C'est mieux de ne donner aucune échéance. Il faut d'abord regarder les chiffres."

L'expert membre du GEMS demande aussi à chacun de faire attention à ses déplacements durant les vacances de Pâques, pour que tout le monde n'aille pas au même endroit au même moment, comme à la Côte belge par exemple. Il espère aussi que la campagne de vaccination va s'accélérer. "Car au rythme actuel, on ne va pas s'en sortir".


"Des mesures fortes mais paradoxales"

L'épidémiologiste Yves Coppieters interrogé sur le plateau de la RTBF à l'issue du comité de concertation a pour sa part qualifié les nouvelles décisions de "mesures assez fortes qui, pendant cette pause de quatre semaines, pourraient être suffisantes."

L'expert pointe cependant un paradoxe. "C'est étonnant car on nous dit que les déplacements non essentiels sont permis sans limites alors que nous savons que pour gérer cette épidémie, il faut diminuer les déplacements car cela signifie diminuer les interactions sociales", explique-t-il. "C'est un peu paradoxal car nous ne sommes pas sûrs que le retour en arrière sur les commerces non-essentiels aura un impact très fort. C'est vrai que cela va limiter les regroupements dans les centres commerciaux mais par rapport aux magasins en tant que tels il y aura très peu d'impact sur les transmissions".

Yves Coppieters émet également certaines réserves sur le maintien de l'heure du couvre-feu. "C'est peut-être une erreur de ne pas toucher au couvre-feu car on remarque un relâchement depuis début mars dans toutes les tranches d'âge. C'est une réalité sociale. Peut-être qu'avancer le couvre-feu aurait mis un petit coup d'arrêt à ceux qui ont l'habitude de se retrouver le soir", estime-t-il.