Les nouvelles arrivées en secteur hospitalier sont plus nombreuses qu'attendu. Ce jeudi, on dénombrait encore 81 nouvelles admissions dans les différents hôpitaux. Et dire que les effets du déconfinement ne se font pas encore ressentir...

Invité sur le plateau de la RTBF, Marius Gilbert faisait un peu la grimace au moment d'évoquer les chiffres relatifs aux nouvelles admissions dans les hôpitaux. Ces chiffres inquiètent car ils ne traduisent pas le comportement de la population durant la période relative au début du déconfinement mais plutôt celle qui la précédait. "C'est ça qui est un petit peu préoccupant. Si on avait suivi la tendance à la décrue qu'on avait constatée ces dernières semaines, on aurait dû, déjà ce weekend, voir encore moins d'admissions que ce qu'on a vu. On parlait donc de bons chiffres mais ils n'étaient pas suffisamment bons", explique le professeur.

L'épidémiologiste avance que cette hausse du nombre de nouvelles hospitalisations est liée à l'annonce des mesures du... 4 mai. "Il faut autour de dix jours pour voir des effets. Nous pensons que lorsqu'on a annoncé le déconfinement, il y a déjà eu un effet de relâchement et c'est ce qu'on voit maintenant. C'est préoccupant car nous n'avons pas encore le signal du déconfinement lui-même. On le verra graduellement dans les semaines qui viennent."

Au micro de François De Brigode, Marius Gilbert a également révélé qu'il était préoccupé et attentif à l'évolution de la situation. "C'est à partir de la semaine prochaine qu'on va voir les effets des confinements successifs. Il est difficile d'imaginer que ça (NdlR: les chiffres) n'augmente pas. C'est là-dessus qu'il va falloir garder un oeil de façon extrêmement précise. Si la reprise se fait de façon progressive, on peut continuer, mais si les choses dérapent, il faudra rapidement intervenir, localement ou de façon plus large. Je ne pense pas qu'on en arrivera là mais il faudra être attentif dans les prochaines semaines"

En revanche, Marius Gilbert a moins de craintes pour la rentrée des classes. "Nous sommes actuellement au niveau le plus bas de la transmission qu'on ait connu depuis extrêmement longtemps. Mais il faut faire attention tous les jours. Que ce soit lundi, ce week-end, (NdlR: quand il fera beau et que de nombreuses personnes pourraient aller se rendre dans les magasins), demain, ou après-demain, il faudra essayer de faire le plus attention possible pour limiter les possibilités de transmission. C'est ce qui déterminera si on sait, si remontée il y a, qu'elle ne soit pas trop rapide et qu'on puisse la gérer."