L'épidémiologiste Marius Gilbert était l'invité du JT de 19h sur la RTBF. Il a pu revenir sur les lieux au sein desquels les transmissions sont les plus importantes. Selon lui, il y a trois grandes composantes : les écoles, le monde des entreprises et du travail et enfin, tout ce qui se passe dans la sphère privée. Dans les deux derniers, Marius Gilbert rappelle qu'il y a eu pas mal de relâchement ces derniers temps. "C'est une réalité à laquelle il faut faire face", commente-t-il.

Et à l'école, alors ? Si l'expert reconnaît qu'un nombre important de transmission a lieu au sein des écoles, il considère cette composante comme "une cible facile" pour le gouvernement. "Au niveau de la sphère privée, on peut difficilement demander aux gens de ne plus voir personne", explique Marius Gilbert, qui rappelle que les entreprises n'enregistrent pas non plus un très grand nombre de transmissions, celles-ci ayant principalement lieu "dans les secteurs où il y a de la main-d'œuvre et où il y a des contacts humains qui sont réalisés entre les personnes".

"On peut se poser la question de savoir pourquoi fermer les près de 70% d'écoles où il n'y a pas eu de cas. Je pense qu'essayer de renforcer les dispositions dans les écoles là où ça peut l'être, ça peut se justifier. Mais se tourner uniquement vers l'école, ça semble un petit peu facile", confie l'épidémiologiste.

Vaccination des enseignants

Quant à la vaccination des enseignants, l'avis de Marius Gilbert est clair : "Ce serait aller au bout de la logique et ça serait assez cohérent". Pour lui, si l'on considère que l'école est un lieu important de transmission, il faut suivre la logique et permettre la vaccination des enseignants.

L'expert souligne également l'importance de la santé mentale, au centre de l'attention depuis plusieurs semaines. "De ce point de vue-là, fermer les écoles est une assez mauvaise option. Tant qu'on laisse des enfants ou des parents qui doivent travailler avec les enfants à domicile, c'est assez problématique de ce point de vue-là aussi", rappelle-t-il.

Un reconfinement ciblé ?

Alors un mini-reconfinement, ciblé dans le temps, est-ce une bonne idée ? Si ce qui se passe pour le moment en termes d'évolution des contaminations suit assez bien les modèles mathématiques, il n'est pas impossible qu'il y ait un décrochage. "Les modèles ont leur limite", explique Marius Gilbert, qui ne se dit pas contre une période fixe de confinement, mobilisant l'ensemble des secteurs, y compris l'école, pour "donner un grand coup de frein à la transmission du coronavirus". Cette option permettrait aussi de "maximiser la vaccination et ressortir, à l’issue des vacances de Pâques, avec une plus grande population vaccinée et un niveau de transmission beaucoup plus bas. Et avoir une fin d’année académique beaucoup plus sereine."