Il constate tout d'abord qu'il y a eu une augmentation du nombre de contaminations, particulièrement à Bruxelles et en Flandre orientale, durant la semaine, cela alors que les tests sont moins nombreux. S'y ajoute un taux de reproduction qui est repassé au-dessus de 1 depuis plusieurs jours et qui s'établit désormais à 1,12.

La présence du variant britannique, plus contagieux, dans les contaminations en Belgique est en outre de plus en plus marquée. Depuis décembre, la proportion de cas issus de ce variant ne fait qu'augmenter, constate Marius Gilbert. La hausse a toutefois eu lieu de manière plus lente que dans d'autres pays, concède-t-il.

Les experts estiment que 53% des contaminations enregistrées au cours de la semaine dernière en Belgique ont été causées par le variant britannique, indiquaient d'ailleurs vendredi l'Institut de santé publique Sciensano et le Centre de crise. La semaine précédente, ce chiffre était de 38%.

Enfin, selon la dernière grande étude Corona de l'Université d'Anvers (UAntwerpen), qui mesure l'adhésion et la motivation de la population aux mesures et à l'application des gestes barrière, "il y a eu une chute de l'adhésion très très marquée ces dix derniers jours et une augmentation des contacts rapprochés", relève l'expert.

Il ressort en effet de cette étude que davantage de personnes ont embrassé ou donné la main à quelqu'un d'extérieur à leur famille ces deux dernières semaines et que les contacts physiques ont augmenté par rapport à la période des congés de détente.

>> Lire également : "En cas de troisième vague et de décès, la question de la responsabilité de l'Etat et des ministres de la Santé se posera"

"Mettez les trois ensemble, et vous avez tous les ingrédients pour une 3e vague", résume l'épidémiologiste. Si elle devait arriver, elle ne sera toutefois pas aussi importante que ce que l'on a connu par le passé, tempère Marius Gilbert.

Il est impossible pour le moment de déterminer si la Belgique reste sur un plateau concernant la progression du coronavirus ou si la récente hausse des chiffres de l'épidémie représente le début d'une courbe exponentielle et d'une 3e vague, analysait de son côté vendredi l'épidémiologiste Yves Coppieters, selon qui, la question ne sera pas non plus tranchée dans une semaine.