La Belgique a, une nouvelle fois, resserré la vis dans la lutte contre le coronavirus. Pour faire face à des chiffres alarmants et "supérieurs à ceux de mars", le comité de concertation a annoncé, ce vendredi 16 octobre, que les contacts sociaux devraient être considérablement réduits. "Nous ne pourrons plus avoir de contacts rapprochés", a même conclu le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a). Pour continuer à faire tourner certains secteurs comme celui des soins de santé ou des écoles, d'autres - les établissement horeca - vont devoir fermer leurs portes à partir de ce lundi. Un couvre-feu - qui entrera en vigueur la nuit de lundi à mardi - sera également instauré sur l'ensemble du territoire de minuit à 5 heures. La bulle sera rétrécie et le télétravail redevient la norme. Des mesures strictes donc mais que les médias francophones ont saluées ce samedi 17 octobre, estimant qu'elles étaient bel et bien nécessaires, mais soulignant toutefois un absent de taille lors de la conférence de presse, le baromètre.

"N'est-ce pas la pire des sanctions, celle qui nous fait perdre, petit à petit, le goût des autres, le sel, le sens de la vie? Mais nous n'avons pas d'autre choix, écrivons-nous dans La Libre. Pour retrouver un jour la vie, la vraie, il faut éteindre pour un temps les lumières de la vie." La Libre estime ainsi que les autorités belges ont pris la mesure du danger, soulignant que "l'heure est très grave".

Nos confères du Soir insistent également sur le courage du gouvernement dans cette prise de décision. Mais qu'il qualifie de "courage du désespoir", face à une situation dont on ne peut nier la gravité. "Ce courage, il va à présent falloir le garder, le cultiver. Dans le monde politique, d’abord. En achevant ce maudit baromètre avant qu’il ne devienne un scandale à lui seul. C’est lui qui devra nous délivrer de ces bulles de cinq qui passent à quatre, puis à trois, puis à un dans une confusion qui tue l’adhésion." Le quotidien invite également les autorités à "ne pas commettre deux fois la même erreur". "L'erreur qui consiste à se relâcher trop vite quand les chiffres sourient, pour reculer ensuite, en laissant de nouvelles victimes", avertit Le Soir.

"Qui peut nous affirmer que c'est le pire repaire du virus ?"

L'Echo parle, quant à lui, de "reconfinement qui ne dit pas son nom". "Nos autorités cherchent l'équilibre entre santé publique et liberté. Au nom de la première, on restreint la seconde. (...) C'est dur, mais c'est la base", détaille le journal financier. S'il juge la réponse des autorités adéquate, le journal appelle toutefois "à sortir de cette logique de réaction en urgence et à passer à un plan de prévention digne de ce nom". "Etape numéro un: mettre fin à l'amateurisme observé dans le testing, le tracing et la mise en quarantaine, conclut L'Echo. C'est le minimum qu'on puisse attendre de la part d'un pays aussi prospère."

Pour la Dernière Heure, tous les Belges se retrouvent punis pour l'inconscience de certains."(...) Une partie de la population, jeune, quinquas et même personnes âgées, a volontairement zappé les mesures les plus basiques, dénonce le quotidien. Par je-m’en-foutisme, par inconscience, par ignorance, par égoïsme." Le journal espère que toute la population prendra conscience de la nécessité désormais de se soumettre aux règles sanitaires et "que cette solide piqûre de rappel, qui risque de faire encore plus de dégâts sur le plan humain et social, sera la dernière".

"La pire solution", écrit la Capitale. Le quotidien se demande s'il était vraiment nécessaire de fermer les restaurants et cafés. "Qui peut nous affirmer, chiffres à l’appui, que c’est le pire repaire du virus ? Si on peut intuitivement penser que des dérapages ont sans doute lieu en soirée dans les bars, y justifiant un couvre-feu précoce (genre 19 ou 20h), pourquoi envoyer tout le secteur à l’abattoir ?", s'interroge le journal. La Capitale estime toutefois que les autorités ne sont pas responsables de tous les maux et que chacun devrait faire son examen de conscience, espérant que pour ces nouvelles mesures servent de leçon.