"Aujourd'hui, il faut que sa mort violente provoque un électrochoc et ouvre les yeux des responsables politiques sur ce fléau qui ravage la société belge: le féminicide est l'aboutissement d'un continuum de violences infligées aux femmes que la société tolère, par une complaisance coupable à l'égard des agresseurs et souvent, une indifférence si pas une méfiance inadmissible envers les victimes", ont affirmé les présidentes de ces deux organisations, Sylvie Lausberg et Magda De Meyer, dans un communiqué commun.

"Où est le plan d'action national contre les violences qui devait débuter en 2020? Où sont les mesures préventives que la Belgique doit mettre en place pour satisfaire à ses obligations internationales? ", demandent les deux d'associations de femmes.

Le Conseil des femmes francophones de Belgique et le Vrouwenraad ajoutent avoir "à maintes reprises, et à tous les niveaux de pouvoir, informé les autorités des lacunes qui, tout au long de la chaine de prise en charge sociale et judiciaire, protègent in fine les agresseurs et minimisent ou nient le vécu terrifiant des femmes et souvent aussi de leurs enfants".

Selon Mmes Lausberg et De Meyer, la Belgique dépense des centaines de millions d'euros chaque année pour tenter de réparer les conséquences désastreuses des violences commises contre les femmes de notre pays.

"Nous demandons que ces montants soient investis en amont, pour mettre enfin en place les mesures de prévention, de protection et de poursuites définies par la Convention d'Istanbul et ratifiée par le gouvernement belge en 2015. Que l'assassinat - d'une extrême violence - de Ilse Uyttersprot, mandataire politique, ancienne députée et bourgmestre, serve au moins à cela: faire de la lutte contre les violences envers les femmes une priorité nationale, comme nous le demandons depuis des mois et des années, concluent-elles.