Considéré en 1996 comme l’homme des réseaux autour de Dutroux, il fut acquitté des préventions autour des rapts d’enfants en 2003.

Lorsque, le 16 août 1996, Michel Nihoul - qui venait d’être arrêté deux jours après Marc Dutroux, Michelle Martin et Michel Lelièvre - descend les marches du Palais de justice de Neufchâteau, il a aussi droit à des "À mort" lancés par la foule massée devant le palais de justice.

"L’affaire Dutroux" vient d’éclater. Laetitia Delhez et Sabine Dardenne ont été retrouvées vivantes. On ne sait pas encore que Marc Dutroux a fait quatre autres victimes - Julie et Mélissa ainsi que Ann et Eefje. Sur sa photo d’identité judiciaire diffusée, Michel Nihoul, 55 ans, est mal rasé et sa chemise est chiffonnée. Il a le regard vide de celui qui n’a pas dormi et vient de subir des heures d’interrogatoire.

Un mondain et un escroc

L’image du chef de réseau s’impose. Car Michel Nihoul, qui a rencontré Marc Dutroux un an plus tôt par l’intermédiaire de Michel Lelièvre - à qui il a vendu de la drogue - ne vient clairement pas du même monde que Marc Dutroux et Michelle Martin. Cette dernière explique aux enquêteurs que son mari a eu de nombreux contacts avec Nihoul les jours autour de l’enlèvement de Laetitia Delhez. Et Marc Dutroux charge Michel Nihoul, indiquant que ce dernier aurait été à la recherche de filles pour les faire entrer dans le réseau de prostitution belge.

Quand, dans les semaines qui suivent, il apparaît qu’il y a eu de graves manquements dans les enquêtes qui auraient dû conduire à l’arrestation de Marc Dutroux, Michel Nihoul devient, aux yeux de beaucoup, celui qui trouve les protections. Dans la population, il est quasiment aussi détesté que Marc Dutroux.

Michel Nihoul est un mondain. Il présente bien. Il s’exprime sur un ton convaincant. Il est charmeur. Il évolue dans les milieux libertins. C’est aussi un escroc, déjà condamné pour banqueroute frauduleuse.

Des soupçons qui ne se transformeront pas en preuves

Mais l’enquête n’étaye pas vraiment les indices selon lesquels il est un lien avec des réseaux qu’on ne trouve pas. Son mandat d’arrêt est levé en janvier 1997. Il reste quelques mois en prison pour purger une nouvelle condamnation pour escroquerie. Il est renvoyé de justesse devant les assises du Luxembourg avec Dutroux, Martin et Lelièvre.

Le sort de Michel Nihoul est l’enjeu et la seule incertitude du procès. Les jurés ne parviennent pas à un verdict sur son sort car seuls 7 des 12 jurés le déclarent coupable après près de quatre mois de procès. Les juges professionnels doivent trancher : il est acquitté de tous les faits liés aux enlèvements d’enfants mais écope de cinq ans de prison pour trafic de drogue et association de malfaiteurs.

Il ne purge pas toute sa peine : libéré conditionnel, il quitte la prison de Saint-Gilles le 28 avril 2006. Il se retire avec sa compagne à la Côte belge, où il est encore régulièrement insulté en rue. Il est mort mercredi.