Nicolas et Florence (noms d'emprunts) sont revenus samedi du nord de l'Italie. Et racontent le parcours du combattant pour savoir si, oui ou non, Florence souffre du coronavirus.

"On nous parle énormément du coronavirus mais j'ai l'impression que les autorités ne font absolument rien pour contrer la maladie !" Nicolas peste contre le manque de précaution et, surtout, s'inquiète pour sa compagne qui présente tous les symptômes du coronavirus. Tout commence à Andalo, dans le nord de l'Italie : "Nous étions partis pour des vacances avec un groupe de 50 à 70 personnes. Pendant la semaine, Florence commence à ressentir des symptômes grippaux comme la toux, les courbatures..." Le couple ne s'inquiète pas trop jusqu'au jour où Florence perd sa voix et devient très faible. "Son état empirait de jour en jour. A la fin des vacances, nous sommes rentrés en voiture jusqu'à Bruxelles."

Les kilomètres passent et les deux Belges s'étonnent du manque de contrôle au sein des frontières. Arrivé près du Luxembourg, le couple décide de prendre les choses en main. "Dans la voiture, elle n'en pouvait plus. La douleur devenait insupportable" nous raconte-t-il. " Nous avons donc décidé d'appeler le numéro 1500 que les autorités italiennes avaient communiqué. Nous ne voulions absolument pas contaminer d'autres personnes. Mais le numéro était hors service. Dès lors nous avons contacté l'hôpital Erasme." 

En manque d'effectifs et de matériel adéquat, l'hôpital préconise de les envoyer vers l'hôpital Saint-Pierre qui dispose de davantage de moyens pour répondre à cette demande. " En arrivant là-bas, nous avions des instructions claires. Une fois arrivés devant l'hôpital, nous devions appeler le personnel afin qu'ils nous ouvrent un passage." Très vite, Florence est prise en charge. " Effectivement, les médecins ont vite compris qu'elle présentait tous les symptômes. En plus, elle était considérée comme une personne à risque car elle possède un rein en moins, ce qui signifie qu'elle est potentiellement plus faible. Dans ces circonstances, ils ont rapidement effectué les tests et les dépistages nécessaires."

A l’hôpital, pendant que Florence passe son dépistage, quelque chose frappe Nicolas: "Très vite, je prends conscience que les médecins sont débordés. Ils ne le nous cachent pas d'ailleurs. Un bus rempli d'élèves revenait également du nord de l'Italie. Ils ne savaient plus où donner de la tête.

Autre facteur d'étonnement : lui-même n'a dû passer aucun test. " Peut-être que j'ai le virus en moi et qu'il va se déclarer par après?" Finalement, le couple est prié de rentrer chez lui et de rester en confinement. "En gros, on ne peut absolument pas sortir de chez nous. J'ai prévenu mon employeur qui était forcément inquiet. Pour Florence, l'hôpital lui a donné un certificat de deux semaines pour commencer... Mais elle ne reçoit toujours pas de traitement personnalisé pour le moment."

"L'état de ma compagne se détériore, je ne sais plus quoi faire"

Une fois les tests terminés, il n'y a qu'une seule chose à faire: attendre. "Depuis samedi, nous sommes sans nouvelles. Il n'y a absolument aucun suivi. L'état de Florence se détériore parce qu'elle ne prend que du paracétamol et des antidouleurs. Que dois-je faire?" se questionne Nicolas. 

"Je m'inquiète énormément pour elle parce qu'on ne la traite pas. Mais ce n'est pas tout : en général, le manque de précaution aux frontières ou dans les aéroports par exemple n'est pas normal. Mon père a pris l'avion de Milan vers Charleroi, et il n'a subi aucun contrôle... Lorsque je vois l'état de ma compagne, je peux me montrer inquiet. Et ce pour tout le monde." Le couple ne peut pas non plus appeler leur médecin traitant "parce que nous ne savons pas exactement ce qu'elle a. Il nous serait donc d'aucune utilité. Cette attente est de plus en plus dur à supporter..."

Aujourd'hui, Nicolas a regardé les informations à la télévision: " J'y ai vu Sophie Wilmès et Maggie De Block dire qu'il n'y aurait que 8 cas de coronavirus en Belgique. Attendez quelques jours, et vous verrez qu'il y en aura beaucoup plus..."