Concernant la récente demande d'homologation du vaccin Johnson & Johnson (une seule dose, pas de besoin de congélation, ...), Charlotte Martin voit d'un bon œil l'arrivée de cette "nouvelle corde à notre arc" dans la lutte contre le coronavirus: "Je pense que ce vaccin a un bon profil. Il a un très bon score en termes de prévention des complications et d'hospitalisations et c'est ce qu'on demande aux vaccins en premier lieu", a-t-elle expliqué.

Mme Martin est également revenue sur la fermeture inopinée du centre de vaccination du Heysel. Seulement 24 heures après son inauguration, le centre a en effet été perturbé par un problème technique et les convocations pour se faire vacciner n'ont pas pu être envoyées aux ayants droit. "C'est une demi-surprise mais c'est évidemment énervant", a reconnu l'infectiologue. "Mais je pense que le vrai danger pour cet énorme centre, et pour les autres, c'est la non-arrivée des vaccins."

Selon l'experte, la Belgique a d'ailleurs pris du retard par rapport à son plan de vaccination initial: "Cela nous empêche d'assouplir les mesures aussi tôt que nous le voudrions et cela me semble pourtant essentiel pour notre société actuellement."

"Nous commençons doucement à apprivoiser ce virus"

Charlotte Martin a toutefois fait part de son enthousiasme vis-à-vis des avancées concernant les traitements contre le coronavirus: "Nous avons dû attendre les résultats de grosses études qui avaient pourtant démarré rapidement, mais nous avons réalisé d'énormes progrès."

Elle prend en particulier l'exemple la dexaméthasone qui diminuerait le risque de mortalité de quasi 30% chez les patients: "Cela fait maintenant partie de notre 'standard of care', c'est-à-dire que nous donnons ce traitement systématiquement à toute personne qui est admise dans notre hôpital et qui a besoin d'oxygène", détaille-t-elle," Nous arrivons tout doucement à apprivoiser ce virus. Si nous parvenons à protéger les patients qui meurent le plus de cette maladie et que nous possédons un arsenal thérapeutique suffisamment développé pour toutes les formes de la maladie, nous pourrons alors commencer à respirer", conclut Mme Martin.