“Au vu de la situation actuelle, on ne peut plus attendre pour prendre de nouvelles mesures”, avertit le professeur en médecine générale à la VUB Dirk Devroey ce mercredi dans Het Laatste Nieuws. "Toutes les 14 minutes, quelqu'un meurt parce que certaines personnes ne respectent pas les mesures", ajoute-t-il. Avec une moyenne quotidienne de 102 décès, les chiffres ne semblent plus aller dans la bonne direction à 10 jours du Comité de concertation visant à réévaluer la situation.

"Je pense que les mesures existantes sont bonnes, réagit Marc Van Ranst, interrogé par LaLibre.be. Mais il faut que tout le monde adhère aux mesures existantes pour que celles-ci se révèlent efficaces". Le virologue, membre du Risk Assesment Group (RAG), pointe du doigt les "10% de la population qui ne font pas attention pendant que 90% respectent les règles". Selon, lui c'est le comportement de cette proportion de la population qui explique les chiffres actuels.

Yves Coppieters, que nous avons également contacté, partage ce constat. "Je ne pense pas qu'il faille envisager de mesures plus restrictives", considère-t-il. L'épidémiologiste d'ULB espère en effet que les choses vont se régler naturellement avec l'arrivée des congés scolaires. "Moins de gens vont se rendre à l'école et au travail, ce qui devrait normalement freiner l'épidémie, comme on a pu le voir lors des vacances d'automne".

"On ne va pas annuler Noël"

Yves Coppieters est bien conscient que les fêtes de fin d'année vont favoriser les risques de contaminations mais il semble difficile pour lui d'imposer des mesures plus restrictives comme la fermeture des magasins non-essentiels ou la limitation des déplacements. "Nous sommes déjà dans un contexte très restrictif. Prendre davantage de mesures, cela reviendrait à annuler Noël". En revanche, l'expert demande aux citoyens de prendre leurs responsabilités. "Il faut que les gens étalent leurs achats et évitent les foules".

Marc Van Ranst de son côté pare à toute éventualité. "Je pense en tout cas que le relâchement des mesures ne va pas se matérialiser lors du prochain Comité de concertation et il ne faut pas exclure des mesures plus restrictives", souligne l'expert. Il insiste sur le timing très serré entre Noël et le Nouvel An qui pourrait être à l'origine de la troisième vague à éviter à tout prix. "Prenez l'exemple de l'Italie, ils ont décidé de tout fermer pour Noël et Nouvel An et que chacun reste chez soi. Cela reste une possibilité", estime-t-il.

Pour Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses à l'ULB et au CHU Saint-Pierre, toute mesure restrictive mériterait une réflexion approfondie, d'autant que la situation n'est pas la même dans tout le pays. "Avant de prendre des décisions qui risquent d'être mal perçues, il faut davantage d'informations sur les sources d'infection", souligne-t-il. "Si on respecte les mesures actuelles, le risque de transmission est faible".