"Catastrophe sémantique". C'est comme cela que Marius Gilbert qualifie le terme de "tracing". Un mauvais choix qui, selon lui, implique une réticence de la population face à ce "tracing". "Personne ne veut être tracé", dit-il sur Twitter ce vendredi. Pour lui, on devrait parler plutôt de solution "collaborative".

"Un système d'avertissement qui repose sur le partage collaboratif d'informations en vue de nous avertir les uns les autres", précise-t-il. Il ajoute que ce dispositif doit absolument être transparent, sécurisé et proportionné. La procédure de collecte des informations doit être publique et "soumise au contrôle démocratique du parlement". "Les données personnelles générées par ce système d'avertissement ne doivent pas pouvoir être utilisées à d'autres fins, croisées avec d'autres données personnelles ou conservées au-delà de la durée permettant d'avertir les contacts à risque", avance-t-il. 

L'épidémiologiste tente de bousculer les choses, car il estime que "le débat n'avance pas". Alors que la collecte d'informations manuelle via les call centers montre ses limites et que la stratégie digitale n'avance que très peu, le chercheur tape dans la fourmilière pour faire bouger les choses car, selon lui, "si ces questions essentielles ne sont pas rencontrées et n'atterrissent pas sur un système d'avertissement qui puisse susciter l'adhésion de tous, nous serons privés d'un instrument essentiel pour lutter contre une reprise de l'épidémie à la rentrée d'automne. Et on ne pourra pas dire qu'on a été pris de vitesse."