C’est désormais officiel : les Belges pourront à nouveau voyager en dehors des frontières du pays à partir du 15 juin prochain. Du moins dans l’espace Schengen. Des destinations "soleil" telles que la Turquie, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie ne sont pas encore autorisées. Mais avoir la permission de sortir de la Belgique pour tout type de voyage n’est pas suffisant : encore faut-il pouvoir être accepté dans le pays de destination. Et là, ce n’est pas gagné, car la Belgique part avec un grand handicap. Tous les aéroports belges sont ainsi placés sur la peu enviée liste noire de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). Notre pays est le seul des neuf européens présents sur cette liste à avoir l’ensemble de ses aéroports "blacklistés". Heureusement, cette liste est indicative et n’est suivie que par quelques pays, comme la Grèce, qui n’autorise les passagers venus de Belgique qu’après une mise en quarantaine.

Du côté du gouvernement belge, on espère pouvoir sortir rapidement de cette liste vu les résultats encourageants de l’évolution du Covid-19 chez nous. L’équipe de Wilmès espère aussi qu’un accord sera trouvé avec les autres pays Schengen pour une reprise de la libre circulation (quasiment) partout en Europe à partir du 15 juin. Pour l’heure, la Commission européenne préconise la réouverture des frontières entre pays présentant "une situation épidémiologique suffisamment similaire". Dans les faits, c’est la confusion la plus totale. Les pays du Sud, dépendant du tourisme, poussent à une rapide ouverture des frontières, là où les pays du centre et du Nord du Vieux Continent ont une approche plus prudente. Rapide tour d’horizon.

1. Ne partez pas si vous avez des symptômes du Covid-19

Commençons par une recommandation de base. Ne partez pas si vous avez des symptômes du Covid-19. Où que vous alliez, si vous avez de la fièvre, vos vacances risquent de s’arrêter dès le premier jour. Bruxelles et Charleroi, les deux principaux aéroports de notre pays, vont ainsi placer des caméras thermiques à l’entrée de leur hall de départ. Tous les passagers ayant plus de 38 degrés auront de très fortes chances de ne pas pouvoir embarquer (cela dépend en fait des conditions de vente des compagnies, mais la plupart devraient se ranger à cette règle des 38 degrés, après un second contrôle par des médecins). Même si vous passez ce premier contrôle, il y a aussi un risque de subir un test à l’arrivée de votre lieu de vacances. Avec une mise en quarantaine, voire un retour anticipé en Belgique en cas de résultat positif.

2. Les pays qui devraient accueillir les Belges sans trop de problèmes

Autre conseil : renseignez-vous chaque jour sur la situation de votre pays de destination. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Même si rien n’est vraiment officiel, les Belges ne devraient pas avoir de problème à voyager aux Pays-Bas, en Allemagne, en France et au grand-duché de Luxembourg à partir du 15 juin prochain. La France appliquera le principe de réciprocité : si des pays restreignent les accès aux Français, elle en fera de même sur son territoire. Ce qui n’est pas le cas pour la Belgique qui accueille les Français à bras ouverts. À ces pays s’ajouteront l’Italie, qui a ouvert ses frontières depuis le 3 juin, l’Espagne, qui prévoit le retour des touristes étrangers le 1er juillet, le Portugal ou la Suisse. Le tour-opérateur Sunweb affirme, par ailleurs, que la Bulgarie, Malte ou Chypre, où il était pourtant question de placer les Belges en quarantaine, seront accessibles pour nos compatriotes. Plus au nord, la Suède, elle-même considérée comme un "paria" par ses voisins nordiques à cause de l’évolution de la pandémie, sera aussi ouverte. Les touristes seront testés à leur arrivée en Islande et recevront le résultat sur leur téléphone quelques heures plus tard.

3. Pas d’accès ou un accueil sous conditions pour les Belges

Il faudra montrer patte blanche, ou plutôt un certificat médical prouvant un test Covid-19 négatif (datant de moins de 4 jours) aux autorités pour pouvoir entrer en Autriche. Les touristes belges sont les bienvenus en Croatie mais ils devront présenter certains documents, comme un contrat de location, un acte de propriété ou une réservation d’hébergement à la frontière. Le Royaume-Uni mettra en "quatorzaine" obligatoire tous les voyageurs arrivant de l’étranger à partir du 8 juin. Cette mesure sera réexaminée toutes les trois semaines. En Grèce, les passagers en provenance des aéroports belges seront également placés en quarantaine. Mais là aussi la situation pourrait évoluer favorablement. L’accès à la Tchéquie, Slovaquie ou à la Norvège, au Danemark, à la Finlande et aux pays baltes s’annonce compliqué cet été, tandis que l’incertitude demeure pour la plupart des autres destinations européennes.

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