Quatre jours après la mise en place d'un énorme dispositif de recherche et l'appel de sa petite amie à se rendre, Jürgen Conings reste introuvable. Le militaire, sympathisant de l'extrême droite, est considéré comme dangereux.

Outre le virologue Marc Van Ranst, le militaire en fuite Jürgen Conings avait également ciblé une mosquée dans le Limbourg, écrivent samedi Het Nieuwsblad et SudPresse. Selon le quotidien flamand, l'homme aurait confié à un ami - un autre militaire aux sympathies d'extrême droite - avant sa disparition, qu'il voulait mener une attaque dans une mosquée située à Eisden.

Il a également laissé une lettre à la police et à son amie pour expliquer ses motivations. Il écrit notamment qu'il va "entrer en résistance" et qu'il ne se soucie pas de mourir. Il s'excuse également auprès d'elle. S'il est conscient qu'il finira par être trouvé, il précise avoir avoir "effacé tout ce qui devait l'être".

"Il est une menace pour notre société et nos citoyens. Tous les faits montrent que c'est un homme vraiment dangereux qui doit être retrouvé au plus vite", a expliqué le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne.

Le point sur les événements de ce samedi:

21h30: Plusieurs véhicules de police ont quitté samedi au cours des dernières heures les abords de la porte d'accès au parc national de la Haute Campine. Les camions de la Protection civile ont également commencé à charger des conteneurs. Vers 20 heures, enfin, six véhicules transportant des militaires ont quitté les lieux. 

20h10: Marc Van Ranst a pointé du doigt, samedi, la responsabilité du Vlaams Belang et d'autres personnalités de droite qui créent une atmosphère négative vis-à-vis des virologues sur les réseaux sociaux.

Selon ce dernier, le Vlaams Belang et d'autres personnalités de droite ont créé "une pente glissante", à la suite de laquelle les menaces contre les virologues sont devenues acceptables. "Le message, c'est: vous pouvez insulter les virologues, vous pouvez tout faire avec eux", a-t-il regretté.

Toujours caché, Marc Van Ranst a enfin répété qu'il ne se laissait pas intimider. "Peu de choses changent pour le moment. Je peux continuer à travailler d'où je suis", a-t-il indiqué.

18h30 : Le parc national de la Haute Campine va être rouvert au public, a décidé samedi soir le gouverneur du Limbourg, Jos Lantmeeters, après consultation du parquet fédéral et du centre national de crise. "Les recherches intensives - pour retrouver Jürgen Conings, ndlr - dans le parc sont terminées. Il n'est donc plus nécessaire de le fermer au public", a expliqué le gouverneur.

Les promeneurs qui constateraient des éléments suspects sont toutefois priés de les signaler immédiatement à la police.

18h15 : Jürgen Conings, le militaire d'extrême droite en fuite depuis lundi soir, est désormais également recherché à l'international. Son nom et deux photos se trouvent en effet sur le site d'Interpol. L'homme figure sur la liste des 'wanted persons' pour menaces d'attaques contre des personnes et le régime, selon Interpol.

© Interpol

15h20 : Le parc national de la Haute Campine pourra peut-être ouvrir à nouveau dans les prochaines heures. Cela dépendra de la décision du juge d'instruction.

14h57 : "Les fouilles au sein du parc national de la Haute Campine ont été achevées hier/vendredi soir. Elles n'ont pas permis pour l'instant de retrouver l'individu recherché", annonce samedi le parquet fédéral. Le juge d'instruction nommé jeudi dernier a par ailleurs ordonné 10 perquisitions qui ont été exécutées hier/vendredi soir et ce samedi matin. "Elles se situent en partie dans l'entourage du concerné. Le résultat de ces perquisitions sera exploité", ajoute le parquet fédéral.

Quant au rapport technique destiné à connaître les effets potentiels d'un mécanisme suspect retrouvé dans la voiture du suspect, il est encore attendu, poursuit le parquet qui met enfin en garde contre "des fuites non contrôlées dans la presse pouvant nuire à l'instruction et mettre en péril l'intégrité physique de la population ainsi que du suspect lui-même."

14h25 : Quelques dizaines de personnes se sont finalement rassemblées samedi après-midi à Maasmechelen en soutien à Jürgen Conings, le militaire d'extrême droite activement recherché après qu'il eut menacé de s'en prendre à des symboles de l'Etat, à une mosquée ainsi qu'à différentes personnalités. Plus tôt dans la journée, le bourgmestre de la localité, Raf Terwingen (CD&V), avait indiqué que la manifestation, annoncée sur les réseaux sociaux, n'aurait pas lieu.

Un groupe Facebook, baptisé "Als 1 achter Jürgen" (Tous unis derrière Jürgen), avait annoncé l'organisation ce samedi vers 14h00 d'une marche pour soutenir le fuyard. Le groupe compte plus de 24.000 membres, mais seules quelques dizaines de personnes ont finalement pris part au rassemblement.

14h11 : Les comportements extrémistes "n'ont pas et n'auront jamais leur place au sein de la Défense", affirme le "patron" de l'armée, l'amiral Michel Hofman, dans un message adressé au personnel de ce département. "La Défense vit des moments difficiles suite aux faits déconcertants de ces derniers jours", reconnait le chef de la Défense (Chod) dans ce "flash" envoyé vendredi à tous les membres - militaires et civils - du personnel et dont l'agence Belga a obtenu samedi une copie.

"Vous suivez sans doute les événements de près, vous vous sentez très impliqués et recevez probablement de nombreuses questions de la part de vos amis et de vos proches. Des centaines de collègues travaillent d'arrache-pied, en étroite collaboration avec la Justice et les services de police, pour résoudre cette situation de crise non seulement le plus rapidement possible, mais surtout de la manière la plus sûre possible", affirme l'amiral Hofman.

Selon lui, l'objectif principal "est et reste d'éviter toute victime" lors de la cavale du caporal-chef Jürgen Coning, un membre de la police militaire (MP) introuvable depuis lundi soir.

La Défense apporte tout l'appui nécessaire aux collègues du militaire fugitif et à ceux qui, à tort ou à raison, se sentent menacés, indique le Chod.

"Nous vivons dans un État de droit, nous respectons la liberté d'opinion et nous valorisons la diversité. Mais soyons très clairs : les comportements extrémistes n'ont pas et n'auront jamais leur place au sein de la Défense", assure-t-il.

"Ce qui se passe actuellement est fondamentalement contraire aux valeurs que nous défendons et diffusons en tant que membres du personnel de la Défense, militaires et civils, et au serment que nous avons prêté" (de fidélité au Roi, d'obéissance à la Constitution et aux lois du peuple belge), ajoute l'amiral.

13h02 : Les recherches se poursuivent, mais dans la sphère privée du fugitif. Vendredi, en plus de perquisitionner le domicile de l'ex-militaire, les forces de l'ordre se sont rendues au domicile de plusieurs militants d'extrême droite soupçonnés de l'avoir aidé à se cacher, affirme Het Laatste Nieuws. En tout, une dizaine de perquisitions ont été menées à travers le pays, chose que le parquet n'a pas encore confirmée. Sur Facebook, un ancien militaire, qui a fait de la prison pour son appartenance à un groupe néo-nazi flamand, a expliqué que les policiers "le cherchaient comme s'il était dans mon placard". Il affirme qu'il s'agit là de "harcèlement" et dénonce les conditions de la perquisition qui a été menée chez lui.

12h32 : De nouvelles barricades érigées au poste de contrôle "De Salamander". Des cavaliers frisons sont présents sur les lieux.

12h23 : Les mosquées font toujours l'objet d'une surveillance accrue dans les environs du parc national de Haute Campine (Limbourg). Dans les communes concernées, aucune nouvelle mesure de sécurité n'a été décrétée, a constaté l'agence Belga sur place. Mais les mosquées font toujours l'objet d'une surveillance renforcée.

Ces derniers jours, plusieurs mosquées avaient décidé de fermer leurs portes par précaution, tandis que d'autres faisaient l'objet d'une surveillance policière renforcée. Vendredi, jour de prière pour les musulmans, une trentaine de fidèles seulement se sont présentés à la mosquée Tevhid, la plus grande de Maasmechelen, contre de 400 à 500 - par groupes de 65 en raison des mesures de lutte contre le coronavirus - ces dernières semaines.

11h20 : Le président de l'Open Vld, Egbert Lachaert, a appelé le parti d'extrême droite flamande Vlaams Belang à condamner ouvertement les actes commis par le militaire en cavale, Jürgen Conings, ainsi que les manifestations de soutien affichées à son égard. Le Vlaams Belang doit envoyer un signal clair à ses militants, a-t-il déclaré samedi sur Radio 1 (VRT). "Ce n'est pas difficile de se radicaliser quand on est abonné à la chaîne de Dries Van Langenhove. Le Vlaams Belang a une responsabilité dans cette histoire", a pointé M. Lachaert. Le président libéral flamand a également condamné les messages de soutien exprimés sur les réseaux sociaux envers Jürgen Conings. "Ce type de soutien n'est pas acceptable. Et c'est aussi au Vlaams Belang et à Tom Van Grieken (son président, NDLR.) de le signaler car ce sont leurs partisans qui s'y adonnent".

Egbert Lachaeert estime que le Vlaams Belang incite à la polarisation et à la radicalisation dans la société.

9h50 : Les recherches se poursuivent, mais la situation est très calme.

9h40 : Les enquêteurs de la police fédérale ont mené vendredi soir une perquisition au domicile du militaire d'extrême droite Jürgen Conings à Dilsen-Stokkem (Limbourg), a indiqué le parquet fédéral. D'après Het Laatste Nieuws, des échantillons d'ADN y ont été prélevés, mais le parquet se refuse pour le moment à tout commentaire. Le ministère public communiquera plus tard dans la journée.

7h : Quelques mouvements de véhicules ont été constatés mais il s'agit vraisemblablement d'une relève de garde.

Vers minuit, une colonne de vingt véhicules militaires ont quitté le poste de commandement "De Salamander" du parc national de Haute-Campine dans le Limbourg. Auparavant, vers 22h, quatre véhicules blindés avaient déjà quitté les lieux. Il n'est pas clair à l'heure actuelle si quelque chose a été trouvé dans la tente découverte sur les lieux. Actuellement, on ne sait toujours pas si la tente appartient effectivement au militaire ou si elle avait été laissée là par un chasseur.

Depuis 22 heures, des véhicules de police sont régulièrement entrés dans le périmètre le long de la Steenweg à As (N730). Il s'agit d'agents de police de tout le pays qui descendent sur Maasmechelen pour soulager leurs collègues.