Il admet cependant que "le volet sur Anvers n'est pas simple". Après avoir participé au Conseil national de sécurité en matinée, la gouverneur d'Anvers Cathy Berx présidait encore en fin d'après-midi une cellule de crise dans sa province. Elle avait été invitée au CNS tout comme son homologue de Flandre occidentale. Les attentes semblent claires: qu'un confinement local soit instauré, particulièrement dans certains quartiers de la ville d'Anvers elle-même, où on a observé un "boom" des contaminations.

"Ce n'est pas au CNS de prendre des mesures qui impactent localement. Chacun doit prendre ses responsabilités à son niveau. Le lockdown local doit être pris par le bourgmestre, ou par le gouverneur à défaut", explique David Clarinval lundi après-midi à Belga. Son collègue du gouvernement fédéral, le ministre CD&V Pieter De Crem précise au micro de la VRT qu'un confinement local, tel que celui attendu à Anvers, pourra être d'isoler quelques rues, ou même quelques blocs d'appartements. "Cela pourrait être à ce niveau, car on peut difficilement confiner toute une ville. Les autorités locales ont demandé avec insistance de pouvoir faire du sur-mesure. Nous leur avons donné la semaine dernière cette possibilité, que l'on a encore affinée".

Les ministres du gouvernement fédéral défendent à la sortie du CNS des "mesures fortes", mais qui s'avéraient nécessaires au vu de l'évaluation des experts, entend-on. "C'est nécessaire, car la deuxième vague est là, on ne pensait pas que ça arriverait si vite", indique la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld) à Belga.

"On prend des mesures principalement dans la bulle privée car le rapport des experts démontre que c'est principalement dans les rapports de la vie de tous les jours, les réunions de famille, les mariages, ce genre de réunions, que l'épidémie reprend", explique David Clarinval.

"Ce sont des décisions difficiles car les gens ont déjà fait beaucoup d'efforts. Et c'est aussi leur liberté qu'on limite", ajoute à ce sujet Maggie De Block. "Il fait beau, les gens ont congé, ils veulent en profiter, je comprends que ce n'est pas gai. Mais on doit prendre ces mesures pour éviter qu'en septembre on ne puisse pas ouvrir les écoles, par exemple. Les enfants ont déjà eu moins d'enseignement".

La bulle de cinq personnes fixes par foyer, ce sont les contacts proches que l'on peut accueillir chez soi, explicite-t-elle. En revanche, il reste possible de faire des réunions amicales en-dehors de sa maison, par exemple au restaurant, à 10 (sans compter les enfants).

De l'avis des deux ministres, les mesures prises lundi devraient être "suffisantes". "Il y aura sans doute encore des mesures en termes de retour de vacances qui seront prises fin de la semaine", explique David Clarinval, mais pour le reste il ne devrait pas y avoir d'autres mesures à court terme. Celles de lundi valent à partir de mercredi et a priori pour quatre semaines, au minimum. D'ici fin août, "on ne reviendra pas sur la règle de la bulle des cinq", assure Maggie De Block.

Selon le ministre Pieter De Crem, qui s'exprimait au micro de la VRT, il n'y a pas non plus d'intention de réintroduire des limitations aux frontières. Le Belge peut donc continuer à se déplacer vers les autres pays européens, mais doit tenir compte du formulaire de voyage (Passenger Locator Form) qui a été finalisé lundi, selon une responsable. Il deviendra obligatoire pour tous les retours depuis l'étranger à partir du 1er août, peu importe le mode de transport et la raison du déplacement, pour peu que l'absence du pays était de plus de 48 heures. Le formulaire en ligne sera disponible sur le site des Affaires étrangères, selon Karine Moykens, présidente du comité interfédéral Testing & Tracing. Comme le confirme Pieter De Crem, il y aura des contrôles "ponctuels et dynamiques" sur l'obligation de remplir le formulaire.