Steven Van Gucht l'expliquait vendredi dernier, au cours de la conférence de presse de Sciensano et du centre de crise . L'épidémie de grippe est inexistante en Belgique cet hiver. "Ce sera probablement le premier hiver sans grippe depuis le début des mesures en 1985", expliquait-il. La "faute" évidemment aux mesures sanitaires mises en place, comme la distanciation sociale, le port du masque ou le lavage des mains.

Néanmoins, l'absence de grippe pourrait avoir des conséquences à long terme, notamment sur celle de l'année prochaine. "Il y a deux hypothèses", a détaillé à ce propos Marc Van Ranst auprès du Nieuwsblad. "La première part du principe que les mesures actuelles ne seront plus d'application, et que la grippe reviendra auprès d'une population moins résistante", indique le virologue de la KUL. Selon lui, il y aura donc davantage de personnes vulnérables à la grippe en 2022. "Dans ce scénario, nous aurons une forte épidémie de grippe."

L'autre hypothèse est moins alarmiste. "Nous avons donné un tel coup à la grippe que le virus aura peut-être besoin de quelques années pour récupérer", observe-t-il. "Il est même possible que le virus actuel de la grippe disparaisse. Mais il sera alors remplacé par un autre virus. Il y a suffisamment d'exemples historiques à ce sujet." Selon Van Ranst, il faudra être attentif à la situation sanitaire de l'Australie l'été prochain, soit l'hiver là-bas, pour avoir une idée de ce qui nous attend. 

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