Le président de l'Absym, qui semblait marqué par ces mois de crise, a tout d'abord tenu à rappeler à quel point il était important de respecter les mesures en vigueur: "C'est long pour tout le monde. La population en marre, le personnel soignant également. Le meilleur moyen pour que ce soit le plus court possible, c'est d'agir maintenant", a-t-il expliqué.

Il a également estimé que ce n'était pas en sanctionnant les réfractaires que la situation irait en s'améliorant: "La punition n'a de sens que si une petite minorité n'adhère pas. Si, à un moment donné, on perd une grande partie de la population, ce n'est pas en sanctionnant que cela va changer quelque chose. Si vous punissez deux personnes sur mille qui roulent à 150km/h sur l'autoroute, cela ne changera pas grand chose. Il y aura toujours autant de morts sur les routes", a détaillé Philippe Devos.

Par ailleurs, il est également revenu sur la sortie de Georges-Louis Bouchez, il y a quelques jours, qui souhaitait que les mesures soient réévaluées si les chiffres continuaient à baisser: "Pour moi, c'est le même type de discours que de dire qu'il veut supprimer l'impôt en Belgique ou qu'il veut donner un revenu universel de 2000€ aux gens. C'est de la politique de mauvaise qualité. Il sait très bien que ce résultat n'est pas possible. Les chiffres avaient prédit qu'on n'y arriverait pas. Ce n'est pas par plaisir sadique qu'un ministre annonce cela. Nier la réalité à ce sujet, ça permet à tous ces gens qui nient la réalité pour d'autres sujets, d'être renforcés dans l'idée qu'il faut refuser la vérité", a condamné Philippe Devos.

Le chef des soins intensifs au CHC de Liège a ainsi appelé à la responsabilité individuelle de chacun pour sortir de cette situation: "Il faut comprendre que cette crise ne va pas être gérée par le politique mais individuellement. Chacun est responsable de ce qu'il fait. La personne qui va faire un repas à 20, si l'un de ces individus meurt un mois après, je pense que cette personne aura passé le pire Noël de sa vie", a-t-il clamé.

Très sérieusement, Philippe Devos a déclaré en guise de provocation qu'il comptait fêter le réveillon de Noël... en été: "Moi je le ferai en juin. Je boirai plein d'alcool, je me prendrai une grande cuite, je mettrai un sapin de Noël et ce sera une grande fête !"

Mise à jour (11/12/2020 à 17h20)

La parution de cet article a fait réagir sur Twitter le président du MR, qui estime que Philippe Devos a lui aussi proposé "une ou deux personnes de plus à Noël" dans une précédente interview.

Ce à quoi le docteur Devos a répondu que l'interview a été "coupée". "Le message est : limiter au maximum, éviter tout contact pour la majorité des bulles mais si quelques bulles le vivent émotionnellement très mal au risque de tricher, un ou deux, dans quelques foyers et pas tous sera peu différent".

Goerges-Louis Bouchez a directement indiqué son désaccord : "Rien n'est coupé. C'est ce que vous avez dit sur antenne sur Bel RTL le même jour. Je vous ai entendu directement, le matin même".