A l'heure où plusieurs pays se reconfinent partiellement, la question du retour des Belges ayant passé les vacances dans une zone à risques se pose plus que jamais.

Si certains experts tiennent à rassurer en précisant que le reconfinement actuel ne touche pas des zones très touristiques, d'autres mettent en garde. C'est le cas de Philippe Devos, le président de l'Absym, le syndicat des médecins, invité ce mardi midi sur le plateau de RTL-TVi.

"C'est incompréhensible de devoir tout décider en catastrophe, avec de nouveau la cacophonie que nous avons aujourd'hui", juge-t-il. Pour rappel, aucune décision n'est officiellement prise concernant les voyageurs revenant de zones à risques, les ministres belges de la Santé devant se réunir ce mardi à 19 heures en conférence interministérielle afin de trancher la question.

"Il n'y a aucune raison cette fois-ci pour justifier que l'on n'a pas anticipé les choses. (...) Ce serait risible, s’il n’y avait pas de morts suite à de mauvaises décisions... Mais malheureusement ce n’est pas risible. Dès juin, il y avait des preuves que certaines zones en Europe pouvaient se reconfiner".

"On a l'impression de revivre un mauvais scénario, c'est-à-dire celui d'après les vacances de carnaval", où des touristes étaient revenus d'Italie sans aucun contrôle alors que ce pays était déjà touché par le coronavirus. "On voit où cela nous a menés, et je pense qu'aucun Belge n'a envie de revivre ça. Tout ce que l'on peut faire pour éviter d'y arriver doit être fait. Là, on est en train de tout faire dans la panique, et c'est difficile à comprendre", poursuit le médecin.

"Le virus n'est pas parti", tient à rappeler celui qui avait à l'époque alerté sur le nombre de morts qu'il risquait d'y avoir en Belgique si notre pays ne prenait aucune mesure de confinement. "Il faut être très prudent. Quand on rentre de vacances, ce n'est pas le moment d'aller voir une personne à risques dans les deux jours après le retour".

"Il ne faut pas jouer avec le feu", conclut Philippe Devos qui ajoute que les hôpitaux ont les moyens d'affronter une seconde vague identique à la première mais qu'une vague de plus grande ampleur leur ferait atteindre leurs limites.