Alors qu'un Comité de concertation est en cours ce vendredi, les discussions vont bon train quant à la réouverture, presque actée, des salons de coiffure en Belgique dans un futur proche. Si le Codeco annonce tout à l'heure que les coiffeurs peuvent reprendre du service, ce sera contre l'avis des experts du GEMS. Car si tous les partis se sont montrés favorables à une reprise dans ce milieu, ce n'est pas le cas de tous les scientifiques.

Pour Pierre Van Damme, virologue de l'Université d'Anvers, cette réouverture serait un peu prématurée, même s'il n'est pas fondamentalement contre. "Scientifiquement et épidémiologiquement, il est trop tôt pour cela, mais c'est une décision politique. Ce sont les politiciens qui ont le dernier mot et nous devons l'accepter", s'est-il exprimé sur Radio 2. Si les métiers de contact peuvent reprendre leurs activités, cela devra se faire sous des règles strictes: un client par dix mètres carrés par exemple, obligation du port d'un masque efficace et une très bonne désinfection des lieux. "Nous devons limiter au maximum les contacts entre le client et le coiffeur, ce qui est difficile dans les professions de contact par définition", a résumé Pierre Van Damme, qui voit un peu cet éventuel assouplissement comme une opportunité pour le Covid-19: "Le virus n'attend que ça, pour ainsi dire".

Mais le virologue comprend ce besoin de rouvrir le secteur malgré tout. Il n'y a pas que la science qui compte dans cette décision: "Pour beaucoup de gens, c'est important mentalement. Certaines générations ne jurent que par une visite hebdomadaire chez leur coiffeur. Une éventuelle réouverture pourrait améliorer le bien-être mental". "Donc, en résumé, nous pouvons peut-être donner une chance à ce projet, mais d'un point de vue purement épidémiologique, il reste un risque", a-t-il conclu, s'estimant chanceux d'avoir une fille qui s'est occupée de couper les cheveux qu'il lui reste.