A l'inverse, 38% des francophones non encore vaccinés aujourd'hui sont opposés à la vaccination, contre seulement 20% des Flamands, selon le trentième rapport du baromètre de la motivation mis au point par l'UGent, l'UCLouvain et l'ULB, relayé vendredi par le journal Le Soir et les quotidiens Sudpresse. "Cette différence linguistique s'était comblée en février, mais elle s'est recreusée depuis mars", constate Olivier Luminet, professeur de psychologie de la santé à l'UCLouvain et membre du groupe d'experts psychologie et corona. "Le risque majeur, après avoir parlé longtemps du fait qu'il n'y avait pas assez de doses, c'est qu'on risque désormais d'avoir assez de doses mais pas assez de personnes pour venir se les faire administrer...", ajoute le professeur néo-louvaniste.

Cette réticence pourrait mettre en péril l'objectif d'atteindre une couverture vaccinale de 70% de la population.

Mais les opinions sur la vaccination peuvent évoluer puisque 74% des personnes qui ont pris part au baromètre indiquent avoir révisé positivement la question au fil du temps. Ainsi sur 100% des gens qui refusaient "sans aucun doute" d'être vaccinés, ils ne sont plus que 66% à être aussi "négatifs" tandis que 12% hésitent désormais et que 22% indiquent vouloir accepter le vaccin.

Interrogés sur les raisons de leur changement d'avis, les sondés évoquent principalement le discours des médecins (59%), des pharmaciens (28%) et des experts (22%). Le monde politique, lui, n'a convaincu que 18% des répondants dans le doute, mais cela reste davantage que les 14% des répondants déclarant avoir été sensibilisés par des personnalités ou les 13% convaincus par des témoins.