Un retour à l’école très attendu

Dans les écoles, c’est le branle-bas de combat. Entre les derniers coups de pinceaux et les (nombreuses) réunions pour préparer la rentrée, l’heure est à l’enthousiasme, teinté d’une certaine inquiétude… Comment cela va-t-il se passer ? Du côté des parents, c’est pareil. Selon un sondage réalisé par la Caisse d’allocations familiales Camille au mois d’août auprès de « familles wallonnes avec enfant(s) de moins de 15 ans », la majorité des parents ayant répondu souhaite que l’école reprenne complètement. Plus de 60% d’entre eux veulent en effet que les enfants retournent à l’école toute la semaine dès la rentrée.

Mais, en même temps, 20% des parents envisagent la rentrée scolaire avec angoisse, 56% ont quelques appréhensions, et seulement 24% sont sereins.

Des différences selon les régions et le statut professionnel

« C’est dans la Province du Luxembourg que les parents sont les plus sereins (32%) et dans la Province du Hainaut qu’ils le sont le moins (20%) », révèle ce sondage Camille. « C’est d’ailleurs la même tendance pour les parents angoissés puisque 23% des répondants de la Province du Hainaut ont dit être très angoissés, contre 15% pour la Province du Luxembourg. »

Le sondage a aussi réalisé une analyse en fonction des catégories socio-professionnelles : « Les parents sans emploi sont beaucoup plus angoissés que les autres puisque 38% d’entre eux ont dit être très angoissés, contre 13% pour les salariés du secteur privé et les indépendants, et 12% pour les salariés du secteur public. » Enfin, les parents des familles nombreuses (5 enfants et plus) sont également plus angoissés (34%, contre 18% pour les familles avec un seul enfant).

Qu’est-ce qui inquiète les parents ?

« Pourquoi avez-vous des craintes ? » Voici ce que répondent les parents à cette question :

- 51% ont peur que leurs enfants tombent malades

- 43 % ne sont pas certains que les enfants respectent les mesures sanitaires

- 39% ne sont pas certains que les mesures sanitaires soient bien mises en place par les écoles

- 35% craignent que les écoles soient fermées à la rentrée

- 23% ont peur que leurs enfants ne soient pas capables de suivre après autant de temps sans école

- 16% ont peur pour une personne à risque vivant sous leur toit

Une confiance entamée

Quand on leur demande s’ils ont confiance en la capacité de l’école à appliquer les mesures sanitaires, 73% répondent que oui (contre 27% de non). Parmi les 27% de parents qui n’ont pas confiance en la capacité des écoles à respecter les mesures sanitaires, deux arguments sont surtout pointés : la difficulté des enfants à respecter ces mesures 8 heures par jour ainsi que le manque de clarté de certaines de ces mesures. « Et lorsque c’est l’école qui est mise en cause, les raisons invoquées sont principalement le manque de moyens financiers ou la taille de l’école. Seul un répondant sur dix pense que les équipes pédagogiques ne sont pas assez vigilantes. »

La vie normale doit reprendre

Ces résultats font réagir un directeur d’école : « On comprend la crainte des parents, mais nous mettons tout en œuvre pour que ça se passe bien. Et à un moment donné, il faut bien que la vie normale reprenne… »

Marie-France Greffe, psychologue clinicienne, insiste aussi sur l’importance de ce retour à l’école. « La cour de récréation, tout comme les camps de vacances ou les activités extra-scolaires sont très riches pour les enfants. Elles sont même essentielles à leur développement dans la mesure où c’est l’endroit où se construit la socialisation et où ils s’ouvrent au monde en dehors du milieu familial. »

Ne pas contaminer les enfants

A tous les parents, la psychologue conseille donc d’adopter « une attitude de vigilance, fondée sur un a priori de confiance. » « En effet, pour la construction du sentiment de sécurité chez l’enfant, il est important que les autorités éducatives - parents, enseignants… - aient un rapport de confiance. Tout en restant attentifs à ce qu’il se passe dans le milieu scolaire, mais sans aller jusqu’à l’obsession. Sinon une peur irrationnelle pourrait contaminer les enfants, qui épousent facilement l’attitude des parents. Je dis souvent aux parents : vos enfants pourront ce que vous pourrez. La première chose à faire pour les parents est donc de se donner les moyens de gérer leurs propres craintes. »

Dire les choses aux enfants

Ensuite, pour Marie-France Greffe, il est aussi important d’informer au maximum les enfants de ce qu’on sait. « On pourrait par exemple leur dire ceci : ‘tu as une responsabilité de porter ton masque à l’école, et tu peux dire quand tu ne te sens pas en sécurité à l’école, et ne pas faire semblant que tout va bien pour rassurer Papa et Maman. »

Rassurer les parents

Pour Françoise Brichart, directrice de l’école fondamentale Notre-Dame de Lourdes à Gilly, communiquer est aussi ce qui pourra le mieux rassurer les parents, et donc les enfants, « L’inquiétude des parents est très palpable à la veille de cette rentrée. Il faut dire qu’ils n’ont pas une place confortable, tiraillés entre la crainte du Covid-19 et la nécessité de faire retourner les enfants à l’école. Nous, enseignants et directeurs d’école, sommes un peu les seuls interlocuteurs à qui ils peuvent parler de leur stress. Pour nous c’est vraiment un enjeu énorme et les écoles ont un rôle à jouer pour les sécuriser. Nous mettons en place tous les protocoles nécessaires et allons être attentifs à communiquer les mesures de manière claire et précise, et aussi les raisons pour lesquelles elles sont prises, c’est-à-dire pour protéger les enfants et les familles. Si les parents sont rassurés, les enfants seront mieux dans leurs baskets ! »

Pour télécharger l’enquête complète : https://www.camille.be/Actualite/Camille-vous-dit-2.300-fois-merci