Les ONG estiment que les nouvelles mesures annoncées par la ministre mardi enfreignent des principes légaux et visent à effrayer les demandeurs de protection et à décourager les personnes qui cherchent à les héberger. La ministre de l'Asile et de la migration, Maggie De Block (Open Vld), a annoncé mardi qu'elle souhaite priver de leur liberté les demandeurs d'asile visés par le règlement européen dit de Dublin qui refusent de quitter le territoire belge pour retourner dans le pays par lequel il sont entrés en Europe. Des places supplémentaires vont être prévues à cet effet dans les centres fermés, selon la ministre. Si un demandeur d'asile ne coopère pas avec le projet de retour, la période de transfert sera systématiquement étendue à 18 mois.

"L'Europe n'a toujours pas de politique d'asile harmonisée, l'accueil et la procédure varient donc fortement d'un État à l'autre", soulignent dans un communiqué commun le Ciré, la Ligue des droits humains, la plateforme citoyenne BxlRefugees et Vluchtelingenwerk Vlaanderen, l'association flamande pour les réfugiés. "Vouloir renvoyer à tout prix des demandeurs de protection dans des pays où ils ne peuvent espérer recevoir un accueil digne et une procédure de qualité va à l'encontre de leurs droits fondamentaux et d'un principe de solidarité entre États membres".

De plus, l'allongement des délais de transfert voulu par Mme De Block afin d'éviter que ces personnes ne disparaissent des radars ou tentent d'abuser du système de traitement des demandes d'asile relève d'une volonté d'"enfermer plutôt que d'accueillir", affirment les associations.

Les nouvelles restrictions annoncées par la ministre visent, selon les organisations, également les personnes qui ont obtenu un statut de protection dans un autre État membre, et qui introduisent une nouvelle demande à la Belgique. "Ce n'est pourtant pas elle, mais le CGRA (le Commissariat général aux réfugiés et apatrides, NDLR), une instance indépendante, qui traite les dossiers et peut déclarer une demande recevable si des éléments démontrent que le demandeur n'est pas effectivement protégé dans le pays membre où il a reçu un statut de protection".

Les ONG dénoncent ces mesures qui "font fi de la situation des États membres du sud de l'Europe" et visent à "effrayer les demandeurs de protection et à décourager les personnes solidaires".