D'habitude bien tranquille sur l'île d'Yeu, le roi Philippe est actuellement au cœur d'une polémique dans la région. La famille royale y possède en effet une résidence secondaire dans une zone naturelle boisée et, en août dernier, le Roi a reçu l'autorisation d'y ajouter une annexe de 40m2, pour y loger ses gardes du corps, rapporte Ouest France. Le problème, c'est qu'il est normalement interdit, en vertu de la "loi littoral", de construire une extension de plus de 30m2 à sa maison lorsque celle-ci se trouve dans une zone naturelle. Mais le souverain belge a obtenu, sous le nom de Philippe Legrand, une dérogation, et le permis de bâtir lui a été octroyé par la préfecture en août dernier.

Pour les habitants de la région, cela est un privilège que le roi Philippe a reçu grâce à son statut. La situation fait donc polémique, et le sujet a été amené sur la table lors d'un conseil municipal de l'île d'Yeu le 27 janvier dernier. "J’ai été interpellé plusieurs fois par des îliens qui me disent que c’est bizarre. Comment cela se fait qu’il y a une maison en construction là-bas ? Ils sont en train de faire une deuxième extension, alors que dans les zones naturelles, on n’a le droit qu’à une extension mesurée de 30 m2 et pas 1 m2 de plus", a lancé au maire, Bruno Noury, un élu de la commune. Pour lui, si l'on accorde le droit de bâtir une annexe de 40m2 à un habitant de l'île, on doit l'accorder à tous. "Aujourd’hui, vous avec des îliens qui viennent frapper à la porte et disent 'Moi je veux la même chose' ", a-t-il expliqué.

"C'est un permis qui s'est imposé à nous", a réagi le maire, évoquant une question "de sécurité" et "d'intérêt général", l'annexe du souverain étant construite pour y installer le personnel de sécurité de la famille royale.

Un permis en bonne et due forme, réagit le Palais

Du côté du Palais royal, le directeur de la communication explique que le permis en question "a été demandé en bonne et due forme, dans le respect des règles de transparence et de publicité". La dérogation obtenue par le Roi se base en effet, comme précisé par le maire de l'île d'Yeu, sur un article du règlement d'urbanisme local, qui permet, au nom de certains critères, "la construction d'équipements collectifs d'intérêt général". Et la sécurité fait partie de ce critère, ce qui justifie qu'une annexe destinée à héberger le personnel qui assure la sécurité du Roi lors de ses déplacements à l'étranger ait reçu l'approbation de la préfecture. 

Par ailleurs, les habitants de l'île vendéenne ont eu droit au délai légal pour s'opposer éventuellement à l'extension de la seconde résidence de la famille royale, "mais personne n'a introduit de recours", affirme le Palais.