"Les mutuelles tentent en toute discrétion d'élargir dangereusement leurs missions", dénonce d'entrée de jeu l'Absym dans un communiqué envoyé ce lundi 6 juin. L'Association Belges de Syndicats Médicaux pointe du doigt le comportement de ces organismes privés en ce contexte si particulier que nous connaissons. "Elles ont demandé l'autorisation de mettre en place des outils de contrôles des dépenses en soins de santé de chaque citoyen belge", détaille Philippe Devos, président de l'Absym. Les mutuelles auraient exigé au conseil général de l'INAMI d'avoir un accès total aux bases de données des diagnostics médicaux individuels, des pharmacies et même du fisc. À cette fin, elles auraient demandé que soient supprimées la protection légale des données des citoyens belges (RGPD) et le secret médical.

"Elles s'arrogent également le droit de décider si un soin est justifié ou non, et demandent le droit de pouvoir imposer des sanctions financières sans passer par l'INAMI ou tout autre structure publique, continue le président de l'Absym. Enfin, elles demandent à pouvoir déplacer seules des marges dégagées par ces contrôles pour financer d'autres secteurs de la santé."

Un accès total aux données qui inquiète

L'Absym souligne que les mutuelles sont des organismes qui ne sont pas publics qui ne peuvent garantir une quelconque transparence ou équité dans les nominations entreprises en leur sein. Le contrôle de leur compte est également confidentiel. Plus encore, l'Association Belges de Syndicats Médicaux pointe que ces organismes privés sont politisés et pas pluralistes. "Il nous paraît choquant qu'une mutuelle, par exemple socialiste, puisse avoir accès à toutes les informations de santé d'un élu N-VA, s'interroge Philippe Devos. Nous avons tous pu constater, lors des élections, que ces mutuelles participent aux campagnes électorales sans aucune réserve. Elles ont par ailleurs le droit absolu d'exclure un de leurs membres. L'accès total à toutes ces données leur permettra de faire du tri."

C'est pourquoi l'organisme syndical estime qu'il est illogique de céder aux requêtes des mutuelles, qui échappent tout contrôle parlementaire et à tout vote négatif du monde des professionnels de la santé. "L'ABSyM s'oppose à ce que les données médicales des patients deviennent la propriété de quelconques organismes privés, de surcroît lorsqu'ils sont politisés", conclut le communiqué, fustigeant ce que l'association syndicale juge être une "pratique scandaleuse".