Jonathan D'Hondt a 40 ans. Durant le premier confinement, sa compagne Mélanie, qui souffrait de dépression, s'est suicidée. Aujourd'hui, ce jeune papa a décidé de s'adresser au gouvernement afin de raconter son histoire et d'alerter sur les risques psychologiques qu'entraînent les restrictions liées au coronavirus. Le témoignage de Jonathan a été relayé dans les colonnes du quotidien Het Laatste Nieuws.

Jonathan, musicien et professeur de musique, débute sa lettre en racontant l'histoire de sa compagne. Mélanie souffrait de troubles anxieux depuis environ deux ans, quand, début mars, elle se fait admettre à l'hôpital. Quelques jours plus tard, le confinement est annoncé, synonyme d'isolement pour Mélanie: "Elle n'était plus autorisée à rentrer chez elle ou à recevoir de visites. Pendant un mois et demi, elle n'a pas été autorisée à garder sa propre fille", témoigne Jonathan. Après plusieurs mois difficiles et sans aucune perspective, Mélanie se suicide. Elle avait 34 ans.

"Etes-vous conscients des conséquences de vos actes?"

Son décès est un choc pour Jonathan. "J'ai perdu ma femme, mes représentations musicales et mon école pourrait bientôt à nouveau fermer. Tout cela à cause des mesures corona", déplore Jonathan, qui comprend la nécessité de respecter les règles, mais qui demande de prêter davantage attention aux conséquences psychologiques de telles restrictions.

"Nous sommes en crise. C'est clair. Mais êtes-vous conscients des conséquences de vos actes?", interpelle le jeune musicien.

"Dans cette crise, il y a vraiment plus en jeu que la simple maladie. Des gens qui voient le travail de leur vie détruit, d'autres qui souffrent mentalement... Qu'est-ce qui pourrait être pire, même pour nos aînés? Le risque de contracter le coronavirus ou de dépérir dans la solitude?", s'interroge encore Jonathan.

Enfin, ce papa d'une fillette de 4 ans dénonce le comportement de certains experts: "Lorsque je vois M. van Ranst participer à la roue de la fortune ou distribuer des pintes de bière au marché, je me dis : ne devrait-il pas être occupé à rechercher de nouvelles variantes du virus? Jusqu'à quel point devrions-nous prendre cet homme au sérieux? Quel message essaie-t-il de faire passer?"