Comme l'a expliqué ce jeudi 20 août la Première ministre, la situation actuelle doit être nuancée. "Elle n'est ni dramatique, ni insignifiante", a affirmé Sophie Wilmès à l'issue du Conseil national de sécurité. C'est pourquoi la libérale a insisté pour que des explications claires soient délivrées à la population pour permettre de comprendre au mieux l'évolution de la situation. C'est ce que font tous les lundis, mercredis et vendredis le Centre de crise et la SPF santé publique. Ce 21 août, les experts sont revenus sur les dernières données liées à l'épidémie de coronavirus et sur les conclusions qu'il faut en tirer.



Steven Van Gucht et Frédérique Jacobs, porte-paroles interfédéraux, ont commencé par passer en revue les différents indicateurs. Au niveau du nombre moyen de contaminations, la Belgique a enregistré une baisse de 21% par rapport à la semaine précédente. "Nous constatons que le nombre de contaminations diminue dans toutes les provinces", a affirmé Mme Jacobs, soulignant tout de même une légère augmentation dans la Région de Bruxelles-Capitale. Le taux de reproduction du virus (R) a toutefois baissé à Bruxelles : il est passé sous la barre de 1. Il est également désormais sous ce niveau à l'échelle nationale. "Cela indique que la situation va dans le bon sens", a estimé Steven Van Gucht. Au niveau des hospitalisations, on remarque également une légère baisse.

Le point sur le testing et le tracing

Karine Moykens, à la tête du comité testing et tracing, est ensuite revenue sur l'évolution des services mis en place pour faire face à l'épidémie de coronavirus. "Un bon suivi des contacts est un outil supplémentaire important", a d'emblée précisé Mme Moykens, qui a a rappelé comment fonctionnaient le testing et le tracing.


La présidente du comité de testing a insisté sur la nécessité de respecter les règles, d'autant plus pour les voyageurs revenant de zone rouge. "A l'heure actuelle, 1.200 personnes reviennent d'une zone rouge en moyenne chaque jour", a-t-elle ajouté.

Présentant les chiffres du suivi de contact, elle a émis quelques regrets. "Les personnes contaminées sont désormais contactées beaucoup plus rapidement par le tracing, mais certaines restent trop frileuses à transmettre le nom de leurs contacts", a souligné Mme Moykens. "Le but du suivi de contact est uniquement d'informer les personnes qui ont été en contact avec une personne infectée. Les collaborateurs du tracing sont très discrets avec les données qu'ils récoltent." Informer les personnes soi-même ne suffit pas selon elle. En effet, dans ce cas, les personnes concernées ne recevraient pas le code pour qu'elles puissent se faire tester et, par la suite, le tracing ne pourrait pas agir.

"Une victoire collective"

La situation épidémiologique s'améliore selon les experts. "Nos efforts commencent à porter leurs fruits, a souligné Antoine Iseux, porte-parole du Centre de crise. C'est grâce à votre action que la situation reste sous contrôle dans les hôpitaux, c'est à n'en pas douter une victoire collective. Nous avons remporté cette étape, mais il faut garder à l'esprit que c'est la victoire finale qu'on vise."

Il est ensuite revenu sur le Conseil national de sécurité de ce jeudi 20 août. "Les décisions présentées hier connaîtront des détails expliqués dans le texte législatif qui sera publié plus tard", a-t-il précisé.

"Ces derniers mois, nous ont prouvé que nous pouvions nous adapter. Apprendre à vivre avec ce virus et adapter notre comportement face à lui est la seule chose que nous pouvons faire", a conclu M. Iseux.


Questions-réponses

Les cigarettes électroniques représentent-elles un danger en termes de contamination ?

Il n'y a aucune preuve scientifique qu'elles participent à la propagation du virus.


Que pensez-vous de la reprise des mouvements de jeunesse en septembre ? Les bulles de 50 personnes resteront-elles valables ?

Ces activités peuvent se poursuivre (tout comme le sport) et rassembler jusqu'à 50 personnes, à condition que des mesures d'accompagnement soient mises en place par les organisateurs. Ils disposent d'un protocole qu'ils doivent appliquer pour assurer la sécurité de tous.

Parmi les nouveaux cas du rebond, les jeunes étaient principalement touchés. Cette tendance se reflète-t-elle aussi au niveau des hospitalisations et des décès ?

Selon les données du rapport de Sciensano de mercredi sur les hospitalisations, on voit que dans la première période (mars -> juin), 50% des gens avaient 71 ans ou plus. Dans la période plus récente (qui porte sur moins de patients hospitalisés), on voit que 50% des gens ont plus de 65 ans. On a donc en effet un "rajeunissement" de la population hospitalisée. Ce qui peut notamment expliquer cela, c'est que moins de personnes sont transférées depuis les maisons de repos.

Hier, l'ECDC plaçait la Wallonie en orange foncé, ce matin elle a placé Bruxelles en rouge soit le niveau d'alerte le plus élevé, alors que les chiffres sont à la baisse en Belgique. Qu'en est-il ?

L'ECDC classifie les pays/régions selon un critère qui est le nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants pour les 14 derniers jours. En fonction de ces critères, il donne une couleur. Le brun, c'est entre 60 et 120 contaminations pour 100.000 habitants (pour 14 jours), ce qui correspond aux chiffres de la Belgique. Le brun foncé correspond à un niveau plus élevé que 120, ce qui est le cas de Bruxelles. Attention, cela ne correspond pas aux couleurs établies pour les régions/pays des Affaires étrangères belges (qu'il faut consulter si vous souhaitez partir en vacances à l'étranger). Des modifications vont d'ailleurs être apportées cet après-midi à la liste des pays en zone verte, orange et rouge.