Comme pour toutes les destinations qui passent au rouge, un délai de 48 heures est cependant octroyé aux voyageurs, durant lequel ils peuvent rentrer en Belgique sans obligatoirement subir un test et un isolement. "C’est une sorte de période de grâce, explique le porte-parole du SPF Affaires étrangères. Mais il leur sera quand même recommandé un test et une quarantaine." Dans le cas de Paris, cette période se clôture ce vendredi à 16 h. Selon un témoignage parvenu à La Libre, des voyageurs revenus mercredi soir ont cependant reçu des messages d’Info-coronavirus leur indiquant, malgré leurs protestations, une quatorzaine et un test obligatoires. Deux organismes publics et deux messages contradictoires…

La méthode douce et la méthode dure

De façon générale, dans les 48 heures précédant leur retour, les voyageurs ayant séjourné plus de 48 heures à l’étranger doivent remplir le Passenger Locator Form (PLF) (disponible sur le site des Affaires étrangères) sur lequel ils indiquent leur provenance. S’il s’agit d’une zone rouge, ils reçoivent un SMS leur indiquant l’obligation de passer un test et de se mettre en quarantaine. Ils reçoivent également un QR Code, qui leur donne droit au remboursement de ce test.

À ce stade, cependant, les Belges qui signalent revenir de zone rouge ne se montrent pas très disciplinés : près de la moitié d’entre eux ne se fait pas tester. À partir de vendredi, ces voyageurs récalcitrants recevront un second SMS, sorte de piqûre de rappel. Et dès le 4 septembre, ceux qui n’ont pas été testés dans les 48 heures suivant leur retour seront contactés par un des call-centers également chargés de retracer les contacts des personnes positives.

Jusqu’à 500 euros d’amende et six mois de prison

À Bruxelles, la Commission communautaire commune (Cocom) signale cependant que, déjà aujourd’hui, des call-centers contactent les personnes qui reviennent de zone rouge et, au besoin, des agents se rendent à leur domicile. Si cela ne suffit pas, ajoute la porte-parole de la Cocom, l’inspection sanitaire et les autorités communales sont prévenues.

Au cas où l’appel au civisme des voyageurs ne fonctionnerait pas, les Régions peuvent employer la méthode dure. En Wallonie, par exemple, les sanctions prévues sont une amende de 1 à 500 euros et/ou une peine d’emprisonnement de 8 jours à 6 mois.

Mais il y a également tous ceux qui n’ont pas rempli le PLF à leur retour de zone rouge. Ceux-là sont plus difficiles à repérer, surtout s’ils rentrent en voiture. Des contrôles aléatoires peuvent être menés, mais il est aisé de passer entre les mailles du filet. Concernant le Thalys pour Paris, ni la police, ni le cabinet de l’Intérieur n’ont pu nous dire jeudi si des contrôles seraient menés à Bruxelles-Midi.