Entre le 4 et le 10 octobre, il y a eu en moyenne 5.057 nouvelles infections au coronavirus par jour. "C'est une forte augmentation, de 93% par rapport à la période précédente de sept jours. A présent, le nombre de nouvelles contaminations double tous les 7 jours", a déclaré Steven Van Gucht. Vendredi dernier, un record de 7.030 nouvelles contaminations a été enregistré en Belgique. "Cela n'avait jamais été atteint".

L'augmentation des chiffres est constatée dans tous les groupes d'âge. "25% des nouvelles contaminations touchent les 20-30 ans. Mais les nouvelles contaminations augmentent aussi chez les + de 30 ans", a-t-il déclaré. Les plus fortes hausses sont constatées au sud du pays, avec le Brabant wallon en tête.  En chiffres absolus, l'augmentation est la plus forte à Liège et dans le Hainaut. Bruxelles est toujours la région la plus touchée en terme de nouvelles contaminations, mais cela augmente à présent un peu moins vite. "Il est encore trop tôt pour savoir si les nouvelles règles ont eu un effet", a-t-il poursuivi. "Cela peut aussi être lié à la saturation de certains centre de testings", a rajouté Yves Van Laethem. Le taux de positivité à Bruxelles est de 20%. En Flandre, le taux d'infection est plus faible, mais il augmente fortement. 

Entre le 7 et le 13 octobre, les hospitalisations ont continué leur progression, avec une moyenne de 152 admissions quotidiennes (+81%). "Les nouvelles hospitalisations montrent la puissance de la croissance exponentielle du virus", a-t-il rajouté. La moitié des nouvelles hospitalisations ont lieu à Bruxelles, à Liège et dans le Hainaut. Mais toutes les provinces augmentent clairement. Le nombre de personnes prises en charge en soins intensifs augmente également. Il y a actuellement 281 en soins intensifs. "Si cela continue comme ça, aux alentours de mi-novembre, la capacité maximale des lits en soins intensifs pourrait être atteinte", alerte l'expert. Pour rappel, 2.000 lits sont disponibles en soins intensifs pour les patients covid. "J'ai beaucoup d'espoir qu'on arrive à empêcher ce scénario", a conclu Steven Van Gucht. 


En ce qui concerne les décès, ils sont "essentiellement liés à des patients en maison de repos, mais qui décèdent à l'hôpital".

"J'ai été réticent à employer le terme de 'deuxième vague' mais je vais maintenant l'employer. Cette seconde vague est présente dans toute l'Europe. On doit la prendre au sérieux, mais il ne faut pas paniquer. Nous connaissons mieux le virus et nous savons ce qu'il faut faire pour le contrôler", a souligné Yves Van Laethem qui rappelle l'importance de respecter les mesures de sécurité. Garder ses distances, porter le masque si nécessaire, se laver les mains, limiter nos contacts étroits sont plus que jamais essentiels pour aplatir la courbe. 


Que penser du nombre de décès entre la première et la deuxième vague? 

Nous allons comparer deux périodes : la première vague, qui a eu lieu de mars jusqu'au 21 juin, et la période du 22 juin jusqu'au 13 octobre.

Comme l'expliquent les experts, les décès sont concentrés sur la première vague. La première vague a regroupé 94% des décès liés au covid en Belgique. La deuxième période ne reprend que 6% des décès. "Mais le nombre de décès augmente encore", a précisé Yves Van Laethem. 

Entre les deux périodes, l'âge moyen des personnes décédées a quelque peu baissé. Il était de 86 ans lors de la première période, 83 ans lors de la deuxième. Chez les moins de 65 ans, il y avait 6% de décès lors de la première vague, contre 10% actuellement. Lors de la première vague, deux tiers des personnes décédées étaient des résidents en maison de repos. Cet été, le pourcentage est tombé à 45%. Le lieu du décès a également changé. Lors de la première vague, la moitié des décès sont survenus à l'hôpital. A partir de cet été, l'hôpital compte 80% des décès. 

La manière dont les décès sont étiquetés "covid" a également changé. Lors de la première vague, 69% des décès étaient confirmés par un frottis, on est passé à 79%. Globalement, 88% des décès sont aujourd'hui confirmés par une technique fiable, que ce soit par un frottis ou par un scanner thoracique. Enfin, le genre des personnes décédées a également connu une petite modification. Auparavant, 47% des décès étaient des hommes. Aujourd'hui, on est passé à 52%.


Et dans les autres pays européens?

Tous les pays qui nous entourent connaissent une augmentation des cas, des hospitalisations et des décès. C'est davantage marqué au Royaume-Uni, au Portugal et en Espagne. Certains pays connaissent une augmentation moindre, mais cela reste à préciser. 

Questions/réponses

Qu'en est-il de l'application "coronalert"?

L'application "coronalert" est "d'une importance vitale", a rappelé le Centre de crise. Plus d'1 million de Belges l'ont déjà téléchargée, mais "il faut faire encore mieux". Pour rappel, l'application n'utilise pas de données personnelles, de géolocalisation ou internet. Il suffit simplement d'activer son bluetooth et l'application va enregistrer sur le téléphone (pas dans une base de données) les autres utilisateurs de l'app que vous avez croisés pendant plus de 15 minutes. 


Quelle est la situation dans les maisons de repos?

Depuis trois semaines, d'abord à Bruxelles puis en Wallonie et un peu plus tard en Flandre, le nombre d'infections a augmenté. Jusqu'il y a une dizaine de jours, une majorité d'entre elles n'avaient pas de cas de covid. Ces données datent un peu. Un rapport complet sera disponible ce vendredi et sera discuté à ce moment-là. 


Comment expliquer que la Belgique ne partage pas de données sur les lieux de contamination alors que d'autres pays le font?

La question n'est pas l'absence de données, mais la disponibilité. Toutes les données ne sont pas centralisées. Le contact tracing est fait sur des bases régionales. Le focus du contact tracing est d'avoir les personnes plutôt que la source de la contamination elle-même. Dans des situations particulières, quand il y a un cluster, cette source est recherchée. Les médecins inspecteurs d'hygiène y travaillent. Des questions de confidentialité se posent. Le GDPR limite les possibilités d'obtenir ou de demander certaines informations. Cela demanderait donc une construction juridique permettant d'intégrer ces informations, et permettant aux épidémiologistes de travailler sur ces données.