Après les inquiétudes liées aux cas de thromboses comme effet secondaire du vaccin AstraZeneca, la Belgique a décidé de limiter son utilisation qu'aux plus de 55 ans. Une mesure de précaution alors que l'Agence européenne des médicaments maintient tout de même que "les avantages du vaccin l'emportent sur les risques", dans un rapport rendu ce jour.

Une position que partage le commissaire général Covid-19 pour la Wallonie, Yvon Englert. "Je pense qu'il faut avoir cette confiance", a-t-il déclaré sur le plateau du JT de RTL. "Pour assurer cette confiance, il faut avoir la garantie que les systèmes de surveillance pour détecter les effets secondaires fonctionnent. Vu cette probabilité [de contracter une thrombose Ndlr], il était raisonnable de prendre cette mesure", a expliqué l'expert. "Il faut garder confiance car il y a 30 cas de thromboses au Royaume-Uni sur 18 millions de vaccins. Nous avons 30 décès de Covid tous les jours en Belgique. La balance risques/bénéfices ne fait aucun doute. L'idée d'adapter la campagne permet en plus de rassurer la population que nous ne prenons pas de risques", a-t-il précisé.

Mais une telle décision ne va-t-elle pas bouleverser le calendrier vaccinal en Belgique ? Le médecin assure que ça ne sera pas le cas à court terme puisque nous sommes toujours dans la phase où l'on vaccine en majorité les personnes de plus de 65 ans. "Demain dans tous les centres de Wallonie, on accueillera les personnes prévues comme il était planifié. Pour un petit nombre en dessous de 56 ans qui avait rendez-vous dans les prochaines semaines, on leur administrera un vaccin alternatif, mais la campagne sur le court terme ne sera pas modifiée", assure Yvon Englert avant de préciser que si la situation doit durer "à ce moment là, il faut être clair qu'il y aura effectivement un ralentissement de la campagne puisque nous comptons sur tous les vaccins disponibles".

L'utilisation de l'AstraZeneca chez les moins de 56 ans a été suspendue pour quatre semaines pour le moment, "mais il reste encore beaucoup de choses à éclaircir", a fait savoir le commissaire Covid-19.

Qu'en est-il des personnes qui ont déjà reçu une première dose AstraZeneca et qui sont désormais exclues du groupe pouvant le recevoir ? "Nous n'avons pas la réponse. Nous voudrions nous donner un peu de temps. La deuxième dose qui devra être attribuée à ces personnes ne devra l'être qu'à partir de mi-mai. Or les Anglais ont une solide avance sur nous dans l'utilisation d'AsteraZeneca. Nous avons pris contact avec nos collègues anglais pour voir quelles ont été les situations aux deuxièmes doses", a répondu le médecin.

Ainsi, les Belges de moins de 56 ans déjà vaccinés avec l'AstraZeneca pourraient recevoir une seconde dose d'un autre vaccin. "C'est une piste suivie", a déclaré Yvon Englert. "Il n'est pas sûr non plus que le risque de thromboses soit le même à la deuxième dose. Si vous ne l'avez pas fait à la première injection vous ne le faites plus. On connaît aussi ça dans des effets secondaires d'autres médicaments".

Une interrogation à laquelle Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur en Santé publique, a apporté un peu de clarté. "Quelle seconde dose pour les moins de 55 ans déjà vaccinés avec le vaccin AZ ? Sans-doute un vaccin ARNm (1 dose) pour autant que l’efficacité vaccinale individuelle reste la même !", a tweeté le scientifique, exhortant à ce que la réponse soit vite trouvée.


Avec ce nouvel épisode, on peut se demander quand est-ce que la vaccination sera ouverte à tous les Belges qui le souhaitent ? Il reste d'abord 200 000 à 300 000 personnes de plus de 55 ans et les personnes ayant des comorbidités dans les prioritaires, "mais on reste avec l'idée que l'ouverture au-delà des prioritaires pourra se faire dans le courant du mois de mai. Mais dans certains endroits on va plus vite", assure le commissaire Covid-19.