C’est sur la base de cette vision large que le futur gouvernement entend amorcer une transformation du système de santé. Objectif : réduire de minimum 25 % les inégalités de santé entre riches et moins riches en matière d’espérance de vie en bonne santé et réduire le taux de mortalité évitable de 15 %. Pour y parvenir, dit l’accord, "nous établirons des objectifs de santé en concertation avec les entités fédérées et les acteurs de la santé ainsi qu’un système de monitoring".

Le chapitre santé de l’accord énumère une longue série de vœux plutôt flous dont on attendra la réalisation concrète : transparence accrue concernant la qualité des soins fournis dans les hôpitaux et en dehors, encouragement des contrôles préventifs, lutte contre la pollution, contre le tabac, contre la dépendance à l’alcool et aux drogues, plan pour les maladies chroniques et la surconsommation de médicaments…

Plus précise est la confirmation d’un refinancement des soins de santé, en plus de la norme croissance légale, grâce à une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard d’euros par an (4,5% du budget total) répartie en trois paquets : 1) Un maintien de l’effort de 402 millions pour le fonds blouses blanches afin de financer la création d’emplois, l’amélioration des conditions de travail et la formation des infirmiers. 2) Un budget récurrent de 600 millions pour honorer l’accord social visant à améliorer la rémunération, réduire la charge de travail et favoriser la formation permanente du personnel. 3) Une enveloppe récurrente supplémentaire de 200 millions pour les soins de santé mentale. Des soins de santé mentale qui, selon l’accord, seront traités de la même manière que les soins somatiques en termes d’accessibilité, de qualité et de proximité.

Un cadre pour les assistants dentaires et de pratique médicale

Par ailleurs, la norme de croissance du budget des soins de santé passe de 1,5 % à 2,5 % par an à partir de 2022 (en 2021, elle sera basée sur les estimations techniques de l’Inami). Cette norme ne sera plus répartie dès le départ. Elle sera affectée, après concertation médico-sociale, non seulement pour financer l’augmentation et le vieillissement de la population mais aussi pour développer de nouvelles initiatives.

Concernant les hôpitaux, la Vivaldi va examiner si une part du financement peut se faire au niveau des réseaux hospitaliers. Elle entend par ailleurs réguler, stabiliser et ensuite diminuer les suppléments d’honoraires. Au sujet de la première ligne, le texte évoque une revalorisation, en concertation avec les entités fédérées. Et il annonce une attention particulière à la maîtrise du budget des médicaments.

Concernant les métiers de la santé, la Vivaldi va élaborer un cadre pour les hygiénistes bucco-dentaires, les assistants dentaires et les assistants de pratique médicale. Pour les médecins, les quotas fédéraux et les sous-quotas des Communautés seront alignés, en tenant compte des spécialités qui posent problème. Et un mécanisme de responsabilisation est prévu en cas de non-respect des quotas fédéraux.