Actuellement, 2.989 personnes sont encore hospitalisées en raison du Covid-19 (-1%), dont 910 patients traités en soins intensifs. Entre le 16 et le 22 avril, il y a eu en moyenne 240,1 admissions à l'hôpital chaque jour pour cause de coronavirus, soit un chiffre stable par rapport à la période de référence précédente, selon les chiffres de l'Institut de santé publique Sciensano mis à jour vendredi matin.

"Nous tenons à nous concentrer exclusivement sur les chiffres dans les hôpitaux et nous avons de bonnes raisons de le faire car cette situation est actuellement précaire", a tout d'abord lancé Yves Stevens du Centre national de crise. "Donner les soins dont chacun a besoin est un véritable défi au quotidien."

Marcel Van der Auwera, Chef de service Aide Urgente au Centre national de crise, était d'ailleurs présent à cette conférence de presse pour expliquer les chiffres. "La situation dans nos hôpitaux est très fragile. On l'a vu clairement la nuit de dimanche à lundi lors de l'incendie à Anderlecht où effectivement nous avons dû chercher des places en soins intensifs pour les personnes blessées par l'incendie car il ne restait plus qu'un lit disponible en région Bruxelles-Capitale."

Exceptionnellement présent pour cette conférence, Marcel Van der Auwera a ensuite tenu à expliquer ce que c'était un lit en soins intensifs. "Il faut une chambre, un lit et beaucoup d'équipements. Seringues, pompes à perfusions, monitoring,... et j'en passe. Mais surtout, il faut des mains autour des patients. De nombreuses mains pour garantir de bons soins. Il faut 3 infirmiers ou infirmières par lit en soins intensifs."

A l'aide d'un graphique explicatif, le Chef de service Aide Urgente au Centre national de crise démontre à quel point le réseau hospitalier est saturé, surtout au niveau des soins intensifs, depuis le début de la crise sanitaire. "Lors de la deuxième et de la troisième vagues, nous avons tenté de garantir aussi les soins non-covid en soins intensifs. Toutefois, depuis la période de septembre-octobre 2020, au début de la deuxième vague, à partir du moment où les soins covid comptaient plus de 300 patients, les soins non-covid étaient réduits et reportés."

Entre la deuxième et troisième vague, le nombre de patients covid est donc resté élevé. Et les patients non-covid ne reçoivent plus nécessairement les soins habituels. "Des personnes doivent parfois attendre 6 mois avant de se faire soigner."

Depuis le mois de mai, les unités de soins intensifs fonctionnent à 110% de leur capacité normale. "A 3 reprises, les unités de soins intensifs ont été soumises à un "stress test". Une période durant laquelle le personnel des soins intensifs a dû travailler à plus 130% de sa capacité. En avril 2020 cette période a duré 11 jours. En novembre 2020, cette période a duré 28 jours. Depuis la fin mars, nous demandons encore à nos soins intensifs de travailler à ce rythme-là et cela risque de persévérer encore 2 voire 3 semaines. Le personnel est épuisé et est poussé bien au-delà de ses limites."

Un épuisement qui se ressent au niveau du nombre de lits qu'il est possible d'ajouter dans les soins intensifs. "Au début de la crise, nous pouvions en ajouter 800. Aujourd'hui, à cause de l'épuisement du personnel, nous ne pouvons plus qu'en ajouter 260."

La saturation est donc totale dans le pays et il ne faut pas oublier que d'autres éléments dramatiques peuvent toujours arriver. "Un patient de Bruxelles peut être transféré à Bruges pour son hospitalisation ou bien un patient de Charleroi qui doit aller à Saint-Vith".

Marcel Van der Auwera fait ensuite la comparaison avec l'Italie, il y a un an. "Tout le monde a encore en tête les images terribles des hôpitaux italiens. Depuis plus d'un an, nous faisons tout notre possible pour éviter cela chez nous. Or nous ne sommes pas si loin de ce type de scénario chez nous."

A la question de savoir pourquoi après un an il n'y a toujours pas plus de lits aux soins intensif, Marcel Van der Auwera répond : "Ce n'est pas le nombre de lits qui pose problème, c'est le nombre de personnel qualifié qu'il manque pour assurer les soins de ces lits. Toutes ces personnes prestent à 130% depuis des mois (...) il n'est pas possible de leur demander d'en faire encore plus."

Le Chef de service Aide Urgente au Centre national de crise a ensuite tenu à remercier tout le personnel hospitalier. "Merci à ces personnes qui sont super héroiques depuis des mois. Je vous demande donc de respecter les mesures."