Quelle est la situation de l'expansion du coronavirus en Belgique? Dans les chiffres dévoilés par Sciensano ce mardi 8 février, on note une baisse du nombre de contaminations (-5% par rapport à la semaine précédente) et des décès (-19,3%).

Des signes encourageants? Les experts ont fait le point ce mardi en conférence de presse. "Nous tenons toujours bon car le plateau que nous connaissons depuis des semaines se poursuit", a d'emblée noté Yves Van Laethem. "La baisse des contaminations que nous connaissons en ce moment n'est pas liée à la diminution du nombre de tests. Au contraire, nous avons augmenté le nombre de tests", a précisé le porte-parole interfédéral.


Si en Flandre et en Wallonie, les nouvelles contaminations diminuent, à Bruxelles, en revanche, elles augmentent. Les provinces de Namur et de Flandre Orientale connaissent elles aussi une augmentation.


Mais cela n'empêche pas que les contaminations diminuent dans toutes les tranches d'âge, surtout chez les plus âgés.


Si on s'intéresse aux nouvelles hospitalisations, on observe une légère hausse (+2%) par rapport à la semaine précédente. Au niveau des soins intensifs, on est repassé au-dessus des 300 patients actuellement hospitalisés en USI, alors que nous étions tout récemment descendus sous ce seuil pour la première fois depuis octobre. Mais "on a toujours une petite augmentation en début de semaine", a temporisé le docteur.


Au niveau des décès, le nombre continue à diminuer (-19%). Mais il y a toujours 39 décès par jour.


Quid du suivi des contacts dans les écoles?

La Belgique est l'un des rares pays qui ont réussi à garder vaille que vaille la plupart des écoles ouvertes. Pour rappel, il s'agissait là d'une priorité édictée par les politiques et les experts. "Mais cela demande beaucoup d'efforts, de la part des élèves, des parents, des enseignants et du psycho-médico-social", a rappelé le virologue.

Etant donné que "l'école est un grand bateau", il faut agir rapidement lorsque des nouvelles contaminations apparaissent, a-t-il poursuivi. "Dans certains cas, des écoles ont été fermées, mais c'est une minorité de cas. Très souvent, il suffit de faire du testing et de mettre en quarantaine les élèves qui ont eu un contact à haut risque."

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Quelles sont les règles à appliquer dans les écoles?

1. Si un enfant est malade et qu'il présente des symptômes, il doit rester à la maison. C'est d'ailleurs vrai aussi pour les adultes. Il faut alors appeler son médecin, qui décidera s'il faut faire un test ou pas. Si les enfants ont moins de 6 ans, ils ne doivent pas forcément être testés. "C'est un âge où ils ont beaucoup de rhumes, et le test est un facteur de stress pour eux", a expliqué Yves Van Laethem. En revanche, les petits enfants qui n'ont pas forcément été testés doivent bien entendu rester à la maison pendant 10 jours s'ils ont des symptômes.

2. Si un des membres du foyer de l'enfant présente des symptômes, l'enfant doit aussi rester à la maison. Lorsque cette personne aura fait un test, si ce test est négatif, l'enfant pourra retourner à l'école. Si, par contre, le test est positif, l'enfant est automatiquement considéré comme un contact à haut risque, il va donc être placé en quarantaine. Une quarantaine, cela dure 10 jours après le dernier contact à risque. Le dernier jour du contact à risque, c'est le 10ème jour après le début des symptômes du membre du foyer qui a développé les symptômes. Si on peut totalement isoler quelqu'un dans un foyer, on pourrait considérer que le dernier jour de contact est le dernier moment où il a été présent dans le foyer. Mais ce genre de cas est extrêmement rare ! Au total, la quarantaine peut s'élever à 20 jours, sauf si un test à J18-19 montre qu'il peut sortir. "C'est grâce à cette quarantaine que le virus ne sera pas réintroduit par l'enfant au sein de l'école. C'est cela qui pourra déterminer si une école reste ouverte ou non".

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3. Si un enfant de plus de 6 ans a un contact étroit avec quelqu'un qui a été contaminé, il est considéré comme contact à haut risque. Dans ce type de situation, il doit être placé en quarantaine et il va être testé. Les enfants qui ont un faible risque peuvent eux aller à l'école en s'abstenant toutefois de pratiquer des activités extrascolaires. C'est le médecin qui va déterminer si un contact est à haut risque ou faible risque. La définition de ce type de contact va dépendre de l'âge de l'enfant ; les petits enfants étant moins susceptibles d'être considérés comme contacts à haut risque. Si l'enfant est considéré comme à haut risque, il va être placé en quarantaine et testé le plus vite possible. Si l'enfant est testé positif, tous les membres du foyer devront rester à la maison et ils vont eux aussi être testés. Si l'enfant est négatif, les autres membres de la famille ne doivent pas être testés et peuvent poursuivre leurs activités.

4. Au niveau de l'école, si une infection est détectée, il ne faut pas systématiquement fermer la classe ou l'école. C'est uniquement en cas d'infection multiple ou si la nature du contact n'a pas pu être déterminée qu'on va mettre la classe en quarantaine. C'est le cas lorsque les places au sein de la classe ont changé à plusieurs reprises. Si l'on craint que le virus circule fortement dans l'école, dans des circonstances particulières, il peut être décidé de tester l'ensemble d'une classe ou l'ensemble d'une école. Cela peut être le cas si des contacts ont eu lieu entre de nombreuses classes lors d'une activité. Ce type de fermeture se fera en concertation avec l'inspecteur sanitaire. Lorsqu'on teste une classe ou une école, il n'est pas forcément nécessaire de tout fermer. Dans la plupart des cas, on peut continuer à fréquenter les écoles jusqu'à l'obtention des résultats, mais cela devra être fait en concertation avec les membres de l'équipe PMS. Si les tests reviennent finalement positifs, la décision sera prise de fermer l'ensemble de la structure.

Et le Covid long?

Si dans la plupart des cas, les personnes guérissent vite, certaines personnes continuent cependant à présenter des symptômes plus longtemps, pendant des mois parfois. Ce ne sont pas forcément des personnes qui ont été en soins intensifs, cela peut aussi être des ex-malades qui sont restés chez eux. Les symptômes longs les plus fréquemment signalés sont l'essoufflement, des maux de tête, la fatigue ou des difficultés de concentration. Il y a encore beaucoup d'incertitudes. Il faut donc maintenant comprendre ce qu'il se passe chez ceux qui présentent des symptômes de Covid long. Est-ce dû à une infection persistante? "On ne le pense pas, mais on n'en est pas sûr". Combien de temps cela dure-t-il? Il faut encore explorer pour en savoir plus, raison pour laquelle une étude a été lancée sur le suivi des personnes qui présentent des symptômes de Covid long. Si vous êtes concerné, n'hésitez pas à répondre à ce questionnaire avant le 14 février