Tout d'abord, une bonne nouvelle : les hospitalisations et les décès continuent à diminuer. "C'est un point favorable, surtout si on compare aux pays qui nous entourent. Nous avons l'impression que les vacances de Noël ont été bien gérées." Si on examine les données de Google Mobilité, on peut voir que durant ces vacances de Noël, beaucoup de personnes sont restées à la maison. "On se rend compte que le 31 décembre et le 1er janvier, nous sommes restés à la maison respectivement 21 et 28% de plus que les autres années. Nous sommes plus restés chez nous qu'aux Pays-Bas et en France, mais moins qu'au Royaume-Uni et en Allemagne. Globalement, la mobilité a été moindre à la Noël que lors des vacances de Toussaint."

Par contre, et c'est un point négatif, le nombre d'infections ne diminue pratiquement plus. "Ceci est lié au fait que le nombre de tests a été modifié, entre une période de vacances où peu de tests ont été pratiqués et une période où plus de tests ont été faits, notamment au retour de vacances." Le virologue est d'ailleurs revenu sur ces derniers chiffres. "5% des nouvelles contaminations sont dues aux voyageurs au retour de vacances." Comme le biostatisticien Geert Molenberghs l'avait déjà expliqué ce matin, le taux de positivité est de 3,7% chez les voyageurs. Un pourcentage qui varie d'un pays à l'autre. Yves Van Laethem en a d'ailleurs profité pour rappeler à toutes les personnes qui ressentiraient des symptômes d'appeler leur médecin généraliste. "N'attendez pas d'avoir de la fièvre", a-t-il conseillé. 


Si on analyse les chiffres de plus près, on remarque que les nouvelles contaminations diminuent chez les enfants de moins de 10 ans, mais augmentent chez les trentenaires et les + de 70 ans. Les nouvelles contaminations diminuent en Flandre, stagnent en Wallonie mais augmentent à Bruxelles. "C'est probablement lié au retour de vacances." Il y a également une diminution lente des lits occupés par les patients Covid. "Nous pourrions atteindre le chiffre de 75 admissions par jour courant du mois de février", a confirmé le porte-parole. Nous sommes, actuellement, autour de la barre des 160 admissions quotidiennes.

Quid dans les maisons de repos? Aucun gros cluster à Bruxelles

L'évolution est globalement favorable. La première semaine de janvier, les chiffres ont diminué à Bruxelles et en Wallonie et sont restés stables en Flandre. Au niveau des maisons de repos qui ont actuellement au moins un cas de Covid, on en est à 20% en Flandre, 17% en Wallonie et 9% à Bruxelles. "Les maisons de repos qui connaissent de gros clusters, donc plus de 10 cas, sont de 6% en Flandre, 3% en Wallonie et, point remarquable, il n'y en a pas à Bruxelles."

Les décès dans les maisons de repos continuent également de diminuer. Mais il y a eu 11.343 résidents de maisons de repos décédés durant la pandémie, soit 58% du total des décès constatés en Belgique.  "Ce mois-ci peut constituer un vrai tournant dans les maisons de repos étant donné que la vaccination a commencé", a déclaré Yves Van Laethem, qui espère que la plupart des résidents et du personnel soignant acceptera de se faire vacciner. 


Quid des écoles?

Sciensano publie aujourd'hui un rapport sur la situation dans les écoles du 1er septembre au 13 décembre. Cette analyse est basée sur deux grandes bases de données : l'étude des contacts par les centres PMS et la base de données centrale de Sciensano sur le résultat des tests. Quelles sont les grandes conclusions? 


Les écoles suivent l'évolution de l'épidémie dans la population générale. "Le nombre total de cas dans les écoles augmente après que le nombre de cas ait augmenté dans la population en général." Même si les mesures sont les mêmes partout, il y a des différences régionales. Avant les vacances de Toussaint, le nombre d'infections était plus élevé dans l'enseignement francophone que dans le néerlandophone. "Cela s'explique par le fait que la deuxième vague a d'abord touché la Wallonie et Bruxelles avant d'arriver en Flandre."


Il y a une différence en fonction de l'âge. Les enfants de moins de 12 ans sont moins malades, même s'ils peuvent être contaminés. En décembre, on a constaté une augmentation du nombre de cas des enfants à l'école primaire alors qu'il y avait une diminution dans les autres tranches d'âge. "Il y a eu à ce moment-là des mesures qui n'ont pas concerné les enfants de moins de 12 ans alors qu'elles touchaient le reste de la population. C'est probablement cela qui explique cette différence. Mais il faut insister sur le fait que le nombre d'infections chez les jeunes est très faible, mais qu'il peut y avoir des cas chez eux aussi." Chez les adolescents et jeunes adultes, on a constaté une augmentation des cas au début de la deuxième vague. Cette augmentation a d'abord commencé chez les ados et jeunes adultes, puis s'est étendue au reste de la population active, et après seulement, elle a touché les enfants les plus jeunes. Même au plus fort de l'épidémie, le taux d'infection chez les moins de 16 ans est resté inférieur à celui de la population en général. 


Au niveau des enseignants, ils ont le plus souvent été infectés par leur collègue ou à domicile que par les élèves. L'analyse ne porte toutefois que jusqu'aux vacances de Toussaint. Seuls 20% des enseignants sont contaminés par leur travail, les 80 autres pourcents l'ont été de par leur vie privée. 

"Les écoles ne sont donc pas le moteur de l'épidémie", rappelle encore une fois Yves Van Laethem. "Elles se situent plutôt en fin de chaîne et reflètent ce qu'il s'est passé dans la société. Il n'y a pas de risque zéro mais l'enseignement reste un secteur essentiel."