C'est un nouveau Conseil National de Sécurité très attendu qui a eu lieu ce mercredi. En préparation depuis plusieurs semaines, le CNS devait aborder plusieurs thématiques en vue d'alléger certaines mesures en place, tout en faisant face au rebond épidémique que connaît la Belgique actuellement. Selon les premiers échos, la bulle de cinq devait disparaître et la quarantaine être raccourcie. La Première ministre, Sophie Wilmès (MR), a détaillé ce qui a été décidé au cours d'une conférence de presse qui a débuté à 14h15.

"Pour bien comprendre de quoi il s'agit aujourd'hui il faut définir trois périodes, a commencé Sophie Wilmès. Il y a eu la première vague durant laquelle le CNS a tenté de contrôler au mieux la situation pour que les soins de santé ne soient pas saturés. Par après, nous avons tenté de lâcher un peu de lest. Actuellement, nous voulons aller vers une situation qui permettra d'offrir une certaine stabilité et d'anticiper les événements. Certaines règles seront assouplies, d'autres seront maintenues".

Les contaminations grimpent dans notre pays depuis plusieurs semaines. L'augmentation des hospitalisations et des décès est, quant à elle, souvent en décalage avec celles des infections, a rappelé la Première ministre. "La vigilance est de mise", a-t-elle estimé, soulignant toutefois que les chiffres actuels concernant les hôpitaux restaient à un niveau relativement maîtrisé. Le rebond épidémique que connaît la Belgique actuellement est observé dans d'autres pays européens. Pour y faire face, il est important de continuer à respecter les six règles d'or.

Voici les changements présentés par la Première ministre :

Contacts sociaux : 5 personnes par mois s'il y a contact rapproché

"Dans notre vie quotidienne, nous pouvons continuer à voir toutes les personnes que nous voulons voir, mais il faut garder ses distances et si ce n'est pas possible, il faut porter un masque", a rappelé Mme Wilmès. La Première ministre a annoncé que la limite de 10 personnes réunies dans un même endroit ne changerait pas.

"Les experts conseillent à tout le monde, actuellement, d'avoir des contacts rapprochés avec 5 personnes maximum (en dehors des personnes avec qui l'on vit sous le même toit) par mois, a détaillé Sophie Wilmès. Il s'agit des personnes avec qui vous ne devez pas respecter les distances de sécurité. A part cela, si vous respectez la distance de sécurité, vous pourrez voir autant de personnes que vous le souhaitez." S'ils ne sont pas interdits, les contacts rapprochés doivent être limités au maximum, selon la Première ministre. Le chiffre de 5 est en vigueur actuellement, mais il pourra évoluer (entre 1 et 5) en fonction de la situation épidémiologique.


> Lire notre article dédié aux changements concernant les contacts sociaux.

Les masques : l'obligation n'est plus de mise à l'extérieur (sauf dans les lieux fort fréquentés)

Le port du masque est très important dans la gestion de l'épidémie, selon Mme Wilmès. "Mais il est inutile de l'imposer partout et tout le temps. C'est pourquoi, il ne sera plus obligatoire dans les lieux extérieurs (où la foule n'est pas trop importante), à partir du 1er octobre. Il restera obligatoire dans les lieux couverts bien déterminés comme dans les transports en commun ou les magasins", a expliqué la Première ministre.


> Lire notre article dédié aux changements concernant le port du masque.

Evénements: pas de changement

Pour les événements qui sont organisés par des particuliers, le nombre maximum ne change pas. 10 personnes peuvent participer, y compris dans la rue. "Tout ce qui est soirée dansante n'est pas encore autorisé", a expliqué Mme Wilmès. Pour les événements publics, la limite reste inchangée, à 200 personnes à l'intérieur et 400 personnes à l'extérieur. "Nous avons demandé aux experts de la Celeval de se pencher sur les règles et de les revoir de façon à offrir une perspective aux secteurs de l'événementiel."

Baromètre: il devrait voir le jour dans deux semaines

Dans deux semaines, la façon d'appréhender l'épidémie changera en Belgique. "Les experts de la Celeval travaillent aussi sur un baromètre de l’épidémie qui va être implémenté progressivement dans notre pays, au niveau national, régional mais aussi provincial. Il doit encore être affiné. Ce baromètre fonctionnera selon un principe de paliers. C’est assez simple : plus la situation s’aggrave - plus des mesures de restrictions doivent être prises", a annoncé Sophie Wilmès. Ce baromètre sera d’ailleurs repris comme référence dans les conférences de presse du Centre de crise qui ont lieu 3x par semaine. Ce baromètre se basera principalement sur l'évolution du nombre d'hospitalisations.


Testing: une augmentation de la capacité de tests

La moyenne est actuellement de 250.000 tests par semaine. "Nous souhaitons arriver à une capacité de 70.000 tests par jour", a expliqué Sophie Wilmès.

Une série de décisions a donc été prise en la matière, à savoir :

  • L’augmentation de la capacité de testing des centres de tri existants et en instaurant de nouveaux points de dépistage. Les entités fédérées y travaillent actuellement ;

  • La création d’un call-center qui permettra de concentrer toutes les demandes vers un seul point d’information et soulager les médecins généralistes ;

  • La mise en place d’une plateforme de rendez-vous pour dispatcher les demandes à travers les centres disponibles.

  • L’allègement des charges administratives des médecins en permettant à plus de professionnels de fournir un code pour le testing

  • Le fait de favoriser l’obtention directement par les patients des résultats des tests effectués sur internet, notamment via le système Cozo ou masanté.be.

Quarantaine: dorénavant elle est de sept jours

Avec le nouveau système de quarantaine : 

Si vous présentez des symptômes du COVID. Vous prenez contact avec votre médecin et vous vous isolez immédiatement pour 7 jours.Vous devrez passer un test le plus rapidement possible. Si le test est positif : la quarantaine continue. Si le test est négatif : dès que votre situation clinique le permet, vous pouvez sortir de quarantaine.

Si vous n’avez pas de symptômes mais que vous avez eu un contact rapproché avec une personne positive. Dès que vous l’apprenez ou que vous êtes contacté par le contacttracing, vous devez vous mettre immédiatement en quarantaine pendant 7 jours, à compter du dernier jour où vous avez eu contact rapproché avec la personne contaminée. Il est important de seulement vous mettre en quarantaine quand vous avez eu un contact rapproché avec la personne positive. Ensuite, vous prenez un rendez-vous pour passer un test unique au 5ème jour. Si ce test est positif : votre quarantaine est reconduite de 7 jours. Si ce test est négatif : vous ne devez plus être en quarantaine après le 7ème jour.

© IPM Graphics

Zones orange et rouges

Concernant les voyages, les obligations de test et de quarantaine s’adapteront également.
  • Les retours de "zones orange" ne devront plus être l’objet d’un testing.

  • Pour les voyageurs qui reviennent d’une "zone rouge", ils devront se mettre en quarantaine dès le premier jour de leur retour – durant 7 jours - et faire un test au jour 5. Bien entendu, ces consignes ne concernent pas les personnes qui passent moins de 48h dans une "zone rouge", comme c’est le cas des transfrontaliers par exemple. Ils pourront se soustraire à cette obligation s’ils remplissent un document d’auto-évaluation qui, après analyse, les autorise à le faire.

> Lire notre article consacré aux évolutions sur la quarantaine à 7 jours, le testing, le tracing et le retour de zones rouges.