Le spectre d'un reconfinement plane sur la Belgique. S'il est désormais certain que des mesures plus strictes seront adoptées dès ce vendredi au cours d'un nouveau comité de concertation, le sort des Belges n'a pas encore été tranché. Se dirige-t-on vers un reconfinement total ou partiel ? Toutes les provinces seront-elles concernées ou seules les plus touchées devront-elles se soumettre à de nouvelles règles ? Les autorités devront répondre à toutes ces questions lors d'une conférence de presse qui suivra la réunion de ce vendredi. Mais les experts n'ont quant à eux pas attendu pour faire part de leurs recommandations. Si leurs avis divergent quant à la marche à suivre exacte, les scientifiques s'accordent pour dire qu'il est important de resserrer la vis.

Le porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht, écarte quant à lui la piste d'un véritable lockdown. Il n'hésite toutefois pas à évoquer la fermeture des écoles, que les autorités ont jusqu'à présent voulu à tout prix préserver. "L’enseignement secondaire peut passer en code rouge, estime le chef du service Maladies virales de Sciensano auprès de nos confrères de Het Laatste Nieuws. L’enseignement supérieur peut encore davantage investir sur les cours à distance. Les étudiants devraient soit rester à la maison, soit rester au kot mais avec interdiction d’alterner comme ils le font actuellement." Il s'agirait également selon le virologue de cibler certaines entreprises essentielles pour pouvoir envisager la fermeture des autres.

Même son de cloche du côté du biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven) qui estime que le reconfinement est à nos portes. Ce dernier pense qu'il pourrait également être inévitable de devoir fermer une partie des écoles. 

"Il est inutile de reconfiner le Limbourg"

"Aucune hypothèse ne peut actuellement être écartée", réagit ce mercredi 21 octobre Marc Van Ranst. Le virologue de la KULeuven souligne une évolution des chiffres qui reste inquiétante et qui laisse présager que de nouvelles mesures seront nécessaires. L'expert, interrogé par HLN, ne s'avance pas quant à l'ampleur précise que pourraient prendre ces restrictions, estimant que tout dépendra de la situation épidémiologique de ces prochains jours.

De son côté, Emmanuel André évoque un reconfinement à l'irlandaise. "Pas un reconfinement pur et dur comme en mars mais au moins fermer les activités commerciales et industrielles non essentielles ainsi que les activités sportives et culturelles", détaille le virologue à nos confrères de Sudpresse. Il rappelle ainsi que la situation est "dramatique" et demande une réaction appropriée. "Arrêtons de jouer au poker, tapons un bon coup", préconise celui qui était chargé autrefois de mettre en place le tracing, regrettant qu'on ait tant tardé à essayer de reprendre le contrôle de la situation.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, ne pense pas qu'une solution si radicale soit nécessaire, la voyant davantage comme le dernier recours. S'il parle également de confinement, il le voit plus comme une éventualité qui prendrait la forme "d'un mini lockdown ou de lockdown régionaux". "Inutile par exemple de reconfiner le Limbourg, argumente l'infectiologue. Par contre, la situation est très grave  à Liège où plus d’1 test sur 4 est positif. Partout, l’activité industrielle devrait être maintenue, de même que les écoles. Par contre, on pourrait fermer les commerces non indispensables."