Ce vendredi, le Conseil national de sécurité (CNS) va se réunir dès 14h30 pour déterminer comment se déroulera le déconfinement.

Au terme d'une réunion qui s'annonce longue au vu du nombre de points à débattre, une conférence de presse sera donnée par Sophie Wilmès pour annoncer de nouvelles mesures. Celles-ci viseront principalement le déconfinement.

Une équipe de dix experts, composée de cinq scientifiques, trois profils économiques, un profil social et un juriste, a été chargée de remettre un rapport de projet de déconfinement. Au terme de longues discussions, un accord a été trouvé. Ce sera aux politiques de décider s'ils suivent ou non les propositions faites.

"Le rapport est bon dans l’ensemble. Il faudra un monitoring sérieux de l’évolution de l’épidémie. Toute anticipation des dates évoquées dans le rapport serait dangereuse", explique un membre de l'équipe à nos confrères de la RTBF.

Le déconfinement ne se fera pas de manière brutale d'un jour à l'autre mais bien progressivement et en respectant plusieurs conditions. Les voici :

  • Maintien du nombre d'hospitalisations à la baisse pour que l'épidémie soit "gérable", avec un maximum de 200 nouvelles admissions par jour
  • 25.000 tests PCR doivent être réalisés quotidiennement, de manière à pouvoir tester les personnes qui présentent des symptômes et leurs contacts, tout en continuant à mener des tests dans les zones à risques (hôpitaux, maisons de repos, etc.)
  • Mise sur pied d'un personnel de 2.000 personnes pour assurer le suivi des personnes positives
  • Des mesures préventives doivent être prises dans les écoles et sur les lieux de travail
  • Conscientisation de la population qu"il faut s'habituer à "une nouvelle normalité", en réduisant les contacts humains et en portant le masque

Une fois ces conditions respectées, les experts recommandent que le déconfinement se déroule en plusieurs phases, annoncent la RTBF et Le Soir.

Phase 1

La première débutera le 4 mai. Certains commerces non-essentiels seraient autorisés à rouvrir. Parmi eux, on retrouve notamment les quincailleries, les magasins qui vendent du matériel de construction, de la peinture, des tapis ou de quoi produire des masques, les garages et les concessionnaires auto, les magasins qui offrent des alternatives de déplacement comme les vélos. Cette réouverture devra respecter les règles de distanciation sociale. Pour certains commerces, la prise de rendez-vous sera obligatoire. L'agriculture et la pêche pourraient être relancées. Ainsi, 500.000 personnes devraient travailler à nouveau.

Le rapport précise que le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun, tant aux arrêts qu'en déplacement. "De quoi permettre l’occupation de tous les sièges et diminuer la distanciation sociale à 1 mètre, pour les voyageurs debout."

Phase 2

Après une évaluation de cette première phase (le 8 ou le 11 mai), on entrerait dans la deuxième phase du déconfinement. Celle-ci aurait lieu le 18 mai (ou plus tard si la phase 1 est prolongée) et verrait la réouverture de tous les autres commerces, notamment les coiffeurs, à l'exception des restaurants, des cafés, des boîtes de nuit, des salles de banquet, des salles de congrès, des théâtres, des cinémas, des parcs d’attraction, etc.

Mais le gros point de cette deuxième phase concerne surtout la réouverture des écoles, tant en primaire qu'en secondaire alors que les écoles maternelles resteront fermées. Que comporte le scénario francophone, sous réserve de modifications qui interviendraient encore d’ici la réunion du Conseil de sécurité ? D’abord, une date, celle du 18 mai, pour faire revenir les premiers élèves, à savoir les 6e secondaires et les 6e et 7e professionnelles et qualifiantes.

L’obligation pour chaque élève de porter un masque est également reprise dans les recommandations des experts. Pour tous les élèves de plus de 6 ans et pour toutes les activités pendant toute la journée.

Aussi relayée, la règle de distanciation de 4m2 par élève et 8m2 par enseignant (davantage en cas d’effort physique comme au cours de gym). Ainsi que le nombre maximum de dix élèves par classe - et toujours les mêmes. Il s’agit d’éloigner au maximum les bureaux des uns et des autres, par exemple dos aux murs.

Pas question de rassemblement pour manger : chacun apportera un repas froid qu’il prendra dans sa classe. Par ailleurs, des locaux doivent rester disponibles pour les garderies accessibles aux élèves qui ne seront pas concernés par un retour en classe, ainsi qu’un grand local d’infirmerie pour accueillir les élèves présentant des symptômes. Sur avis médical, les personnes à risque ou malades seront écartées.

Un gros point d’attention concerne les précautions d’hygiène et de sécurité. Le lavage des mains, avec savon ou gel désinfectant, est préconisé plusieurs fois par jour. Ainsi que le nettoyage des locaux. Des locaux qui doivent pouvoir être aérés régulièrement.

Au cours de cette deuxième phase, on devrait également assister à la réouverture des musées, sur visites individuelles ou en famille, avec un quota de personnes par heure et un tracé unique à l'intérieur des institutions.

Se rendre à la Côte ou dans d'autres lieux touristiques serait également autorisé, tout en laissant le dernier mot aux autorités locales.

Parallèlement, les fêtes de plus de 50 personnes seront toujours interdites. Les experts sont pessimistes pour les fêtes et les mariages qui ne devraient pas pouvoir avoir lieu cet été.

Phase 3

Cette troisième phase ne se déroulerait pas avant le 8 juin. Après examen en étroite collaboration avec les secteurs, le reste des commerces toujours fermés pourraient, à leur tour, rouvrir : l'horeca, les cinémas, les parcs d'attractions, les salles de concert, les théâtres, etc. Les événéments de masse resteront interdits jusque fin août. Une décision pour les camps de jeunes sera prise d'ici fin mai, avance le rapport.

Mais la date du 8 juin est très conditionnelle. Le rapport indique que des phases intermédiaires pourraient être mises en place.

Pour rappel, le Conseil national de Sécurité ne doit pas simplement valider le rapport des experts. C'est surtout une base de travail pour les nouvelles mesures à prendre. Il revient aux politiques de trancher. Pour savoir ce qui sera appliqué, il faudra attendre ce vendredi en soirée.