Si les hospitalisations sont en baisse, les nouvelles infections au coronavirus repartent, par contre, légèrement à la hausse. Entre le 2 et le 8 mars, 2.422 nouvelles contaminations ont été dépistées en moyenne par jour, soit une augmentation de 2% par rapport à la semaine précédente, selon les derniers chiffres donnés par Sciensano ce vendredi.

Steven Van Gucht a commencé la séance en présentant les dernières données de l'épidémie de Covid-19 en Belgique. La hausse des nouvelles infections semble ainsi se confirmer : "Nous assistons à nouveau à une augmentation des taux d'infection, alors que le nombre d'hospitalisations stagne", a déclaré le porte-parole interfédéral.

Un taux d'infection plus élevé chez les jeunes

Cette hausse est en particulier marquée chez les enfants de moins de 10 ans, chez qui elle a bondi de 29%. Le taux d'infection le plus élevé reste chez les adolescents et les personnes de 20 et 30 ans. Seules les provinces d'Anvers, de Flandre occidentale, du Limbourg, et surtout de Namur (40%) sont touchées par une hausse des nouvelles infections.

C'est le variant britannique qui est maintenant dominant dans le pays depuis déjà quelques semaines. Deux tiers des nouvelles infections lui sont liées.

Une majorité des pays européens est d'ailleurs concernée par une reprise de l'épidémie. La Belgique figure parmi les bons élèves, a indiqué Yves Van Laethem, rappelant qu'un petit nombre de patients français ont été hospitalisés en Belgique, notre voisin étant aux prises avec une hausse des cas, provoquée sans doute par la lassitude de la population face aux mesures en vigueur.

Les nouvelles infections ont lieu en majorité sur le lieu de travail, qui représente 40% des clusters la semaine dernière, spécialement dans les endroits où on ne peut pas travailler à domicile. Les écoles représentent, elles, 29% des clusters.

Du côté des hospitalisations, les chiffres se stabilisent. "On est toujours sur le même haut plateau depuis pas mal de semaines", a précisé Yves Van Laethem. Avec 146 nouvelles hospitalisations la semaine dernière, c'est une baisse de 6%. Le nombre de lits occupés en soins intensifs continue par contre à augmenter légèrement (5%), avec 445 lits occupés. 23% des patients hospitalisés sont en soins intensifs.

Le nombre de décès est en diminution, en particulier dans les maisons de repos et de soins. Il y a en moyenne 26 décès par jour, soit une baisse de 3% par rapport à la semaine dernière.

Campagne de vaccination

27% des plus de 85 ans ont reçu leur première dose de vaccin. Au total, 6% de la population belge a reçu une première injection, avec un coup d'accélérateur la semaine dernière puisque 150.000 personnes ont été vaccinées.

Antoine Iseux, du Centre de crise, est ensuite revenu sur les mesures d'assouplissement décidées par le dernier Comité de concertation, à savoir l'élargissement de la bulle sociale à l'extérieur, en vigueur depuis lundi. Il a insisté sur le fait que les rassemblements doivent se faire à l'extérieur, que ce soit dans un parc public, dans un jardin ou une terrasse privée, et dans le respect des distances sociales.

Le beau temps responsable des nouvelles infections ?

Si la journée du 8 mars a comptabilisé le plus grand nombre d'infections par jour depuis le début de l'année, est-ce lié aux rassemblements en extérieur lors de l'épisode de beau temps ? "Il est difficile de dire sur un chiffre l'impact d'un week-end ensoleillé", a déclaré Yves Van Laethem. On sait que le lundi, il y a toujours plus de nouveaux cas car on récupère les tests des personnes qui ne sont pas allées se faire dépister pendant le week-end, a précisé le porte-parole interfédéral. "Un peu de patience pour tirer des conclusions".

Les assouplissements prévus en avril pourront-ils avoir lieu si les chiffres actuels se maintiennent ?

Il est très clair que les assouplissements progressifs doivent se baser sur la campagne de vaccination, a martelé Yves Van Laethem. "On est toujours sur un plateau élevé actuellement, c'est une situation qui n'est pas confortable", a-t-il indiqué. On continue de suivre les modèles, qui ont été présentés par le gouvernement il y a quelques semaines, a-t-il fait savoir. "On peut donc s'attendre, mais c'est une décision du politique bien sûr, à ce que les mesures décidées à ce moment-là soient appliquées". L'expert semble ainsi confirmer la ligne prévue par le gouvernement : de premiers assouplissements extérieurs prévus en avril, et les assouplissements intérieurs en mai.