Les visites aux détenus des 35 prisons du pays (17 en Flandre, 16 en Wallonie et deux à Bruxelles) sont à nouveau possibles depuis ce lundi, selon des règles strictes édictées par l'administration pénitentiaire. 

Après 74 jours de contact avec l'extérieur uniquement par téléphone en raison de la crise du coronavirus, les visites physiques peuvent reprendre. La direction générale de l'administration pénitentiaire a élaboré un règlement strict afin d'assurer la distanciation sociale. Dans la plupart des prisons, les visites recommencent aujourd'hui, selon la porte-parole Kathleen Van De Vijver.

Le détenu qui a droit, en temps normal, à la visite à table décide quelles personnes il souhaite recevoir, à raison d'une personne, âgée de 16 ans minimum, par visite. "Seules ces personnes peuvent réserver une place via un système de réservation. Mais ce dernier prend du temps à installer et les visites ne sont dès lors pas encore effectives dans toutes les prisons aujourd'hui", souligne Mme Van De Vijver.

Les visites n'ont pas encore repris dans certaines prisons - notamment Lantin, Andenne et Dinant - dont les directions veulent respecter la concertation sociale, nuance Grégory Wallez, secrétaire fédéral CGSP.

Le front commun syndical a en effet annoncé vendredi qu'il couvrirait les actions de grève dans les prisons à partir du 2 juin à 06h00, les syndicats dénonçant que la sécurité n'est pas assurée pour le personnel, les détenus et les visiteurs.

Le nouveau règlement édicté par l'administration pénitentiaire a pour objectif de garder le coronavirus hors des prisons. Pendant la pandémie, 20 détenus ont été contaminés, dont six se trouvent encore dans la section Covid de la prison de Bruges. 71 membres du personnel ont aussi été touchés par le virus, dont 19 sont toujours en convalescence.

Le but est de permettre une visite d'une heure par semaine et par détenu. Le visiteur doit déclarer qu'il n'a pas été malade durant les quinze jours précédents. Les détenus et les visiteurs sont tenus de porter leur masque et séparés par une vitre en plexiglas. La salle de visites doit être aménagée de sorte que les règles de distanciation sociale soient respectées, en éloignant les tables de deux mètres.

Enfin, les contacts physiques sont strictement interdits. Les détenus qui ne se conforment pas à cette règle seront placés en isolement préventif pendant 14 jours, en plus d'une éventuelle fouille motivée. Les visiteurs sont en outre autorisés à utiliser les toilettes, mais pas à consommer une boisson dans la salle de visite.

Des mesures insuffisantes, selon Grégory Wallez. La distribution de masques aux visiteurs, la signature d'un document actant la prise de connaissance des mesures ou encore l'absence de mouvement dans les salles de visites figurent notamment parmi les exigences syndicales.

La CGSP demande également qu'une seule personne par détenu puisse, pour l'instant, rendre visite. Le syndicat souligne encore qu'il manque du matériel, notamment des panneaux en plexiglas, dans certains établissements et que leur installation est parfois défectueuse.

"Nous sommes bien entendu pour la reprise des visites mais dans les meilleures conditions possibles. Demain/mardi, nous serons reçus par l'administration pénitentiaire et le cabinet du ministre de la Justice pour discuter des mesures de sécurité supplémentaires à prendre", précise M. Wallez.