La rumeur d'un réseau de violeurs à l'UCLouvain a circulé à la suite d'une série de messages publiés sur la page Facebook UConfessions, où les étudiants peuvent anonymement soumettre à publication tout tracas du quotidien, toute histoire à l'eau de rose ou coup de gueule grandiloquent.

La tartine de messages, connue sous le hashtag #lasuitedemain, a été décomposée en sept chapitres et 80.000 signes, à l'allure plus que réaliste, durant une partie du blocus étudiant, depuis le 31 décembre. Le pitch? Un réseau de violeurs s'abat sur le milieu universitaire néo-louvaniste. Sauf que l'histoire est fausse. Du moins en majeure partie. L'auteur du post l'a reconnu ce lundi soir sur le réseau social de Mark Zuckerberg: "Je ne viens pas d’arriver à Louvain-la-Neuve, je ne m’appelle pas Sarah, je ne suis pas une fille. L’histoire que je vous ai racontée n’est pas une histoire vraie, même si elle se passe à Louvain et que beaucoup de détails la rendent réaliste."

Le rédacteur précise néanmoins qu'une histoire bien réelle a inspiré les textes qui ont gardé en haleine les étudiants de l'UCLouvain durant près d'une semaine. "En novembre, à Bruxelles, une fille a été embarquée par un faux taxi "collecto", avant d’être violée par un homme qui portait un uniforme de la STIB. C’est de cela que je me suis inspiré pour l’histoire des faux gardes de sécurité. Bien entendu, le but n’était pas d’instaurer un climat de peur. J’ai délibérément choisi de faire cela pendant le blocus afin que cela n’incite pas certains à ne plus vouloir sortir de chez eux."

La série de publication est véritablement devenue virale sur Facebook: "Plus de 3.000 commentaires par épisode, 20.000 votes sur le sondage réalité/fiction et près de 100.000 personnes atteintes par les derniers épisodes." L'auteur a justifié son geste en évoquant une volonté de mettre en avant une "campagne de sensibilisation" en vue de conscientiser les jeunes aux risques de harcèlement et de viol. "C’est en jouant avec la frontière entre la réalité et la fiction, en intégrant des références au monde néo-louvaniste, que ce récit a pu atteindre autant de monde, et donc que mon objectif de sensibilisation a pu être intégré par un si grand nombre. Je suis conscient que cela a pu interpeller, voire choquer, mais les meilleures campagnes de sensibilisation sont souvent les plus bouleversantes. Vous savez maintenant tous que l’histoire est fausse, mais vous avez aussi compris (si vous ne le saviez pas déjà) qu’il faut toujours rester prudent en soirée, sans bien entendu tomber dans la paranoïa."