Pour la police, l’heure n’est plus à discutailler mais à adresser des P.-V.

La police, tant fédérale que locale, fait respecter prioritairement et scrupuleusement l’interdiction de rassemblements depuis ce mercredi 12 h. Et ce, via une présence massive sur le terrain. "La situation est grave. Le temps n’est plus à la sensibilisation, à la discussion. Il faut trancher. C’est tolérance zéro", annonce le commissaire Olivier Libois, chef de corps de la zone de Namur et vice-président de la Commission permanente de la police locale (CPPL). "C’est un signal clair que nous donnons au public. Tout le monde doit comprendre tout de suite."

En cas d’infraction aux mesures de sécurité, le P.-V. est systématique, sans que le montant de l’amende y soit indiqué. Au parquet de décider de classer sans suite, de proposer une transaction ou de renvoyer devant un tribunal correctionnel.

Les amendes vont de 208 à 4 000 €. L’auteur risque aussi de 8 jours à 3 mois de prison. Il peut aussi être frappé d’une amende administrative communale, de 350 € s’il est majeur, de 175 € s’il a entre 14 et 18 ans (dans certaines communes, on ne punit pas les mineurs).

"Des cyclos qui circulent sur la route ? P.-V. !" donne pour exemple Nicholas Paelinck, président de la CPPL. "Un rassemblement en famille ? Le père, la mère et leurs enfants ? La police leur demande de prendre des distances."

À la police fédérale, tous les agents sont sur le terrain. Dans les zones locales, les affaires courantes sont mises entre parenthèses : "Nous gardons les services de base. L’accueil téléphonique via le 112, l’accueil physique au commissariat et les interventions urgentes telles que accidents, agressions... ", décrit Olivier Libois. " Le res te des forces est consacré au respect des mesures de confinement. Les tâches plus froides, telles que la gestion des domiciliations, sont suspendues. Pour les enquêtes, c’est au parquet à nous signifier ce que nous devons entreprendre."

Reste un point plus ambigu. Seuls sont autorisés les déplacements vers certains lieux (magasins, banques, poste…). Comment un policier peut-il vérifier la destination, lorsqu’il arrête un véhicule, par exemple ? "À la confiance", admet Olivier Libois. "Nous n’allons tout de même pas suivre la personne jusqu’au magasin pour vérifier. Elle pourrait de toute façon s’y rendre même si elle n’avait pas l’intention d’y aller."

En France, chaque personne qui se déplace doit remplir un formulaire justifiant son déplacement. "Je ne vois pas l’intérêt de ce système ", commente Olivier Libois. " On peut mentir sur un formulaire. Il faudrait demander au point d’arrivée de le signer et en l’occurrence la vérification de l’infraction ne pourrait se faire qu’a posteriori. Nous misons sur le bon sens des citoyens."