Jeudi dernier déjà, il était clair que l’évolution de la situation sanitaire nécessitait des actes forts. Une première salve était tombée, moins lourde qu’attendu. Sous la pression des experts, la séance de rattrapage a eu lieu ce lundi. "Nous avons demandé un nouveau rapport au Celeval (cellule d’évaluation), et nous l’avons suivi à la lettre", a précisé la Première ministre, comme en écho aux déclarations de la semaine passée où le politique avait conservé la bulle de quinze, en dépit des demandes des experts de passer à dix.

Un pas de plus vers le confinement

Dès ce mercredi 29 juillet, nos vies basculeront un peu plus encore vers le mode "confiné", et ce pour les quatre semaines à venir. Des mesures qui concernent de nombreux pans de nos activités quotidiennes. Retour aux anciennes habitudes concernant les supermarchés et les magasins. Les courses devront se faire seul (ou accompagné d’un mineur vivant sous le même toit ou d’une personne ayant besoin d’une assistance). La durée maximale de 30 minutes dans un magasin redevient la norme, comme c’était le cas durant le confinement.


Qu’en est-il de la présence sur le lieu de travail ? Sophie Wilmès n’a pas manqué de rappeler que le télétravail doit être encouragé et favorisé, et ce depuis les premières étapes du déconfinement. Mais dès ce mercredi, un redoublement d’effort sera demandé aux employeurs et aux employés pour le rendre effectif quand cela est possible. Les contacts entre collègues devront être réduits le plus possible, au moyen notamment de rotation entre les équipes de collègues.


Mauvaise nouvelle pour les voyageurs qui comptaient sur le pass SNCB de 12 voyages gratuits durant les derniers jours des vacances estivales. Ce pass est reporté de quelques semaines et entrera en vigueur le 7 septembre. Une décision destinée à limiter l’affluence dans les voitures et faciliter la distanciation. "La sécurité est et reste la priorité absolue", ont pour leur part indiqué la SNCB et le ministre de la Mobilité, François Bellot.

Le tracing s’intensifie

Nouvelle limitation également dans les événements de masse. Ils seront strictement limités à un maximum de 100 personnes en intérieur, et de 200 en extérieur. Il s’agit là d’une réduction de moitié par rapport à la situation que l’on connaissait depuis quelques semaines. Toutefois, ce maximum ne peut être atteint qu’à la condition du respect des protocoles délivrés par les autorités locales, indique-t-on auprès de la Première ministre.

Depuis ce samedi, le tracing était obligatoire dans les restaurants. Le principe sera cette fois étendu à d’autres activités. La ministre de l’Économie Nathalie Muylle (Open VLD) évoquait, en marge de la conférence de presse, les piscines, les casinos, les salles de congrès, les salles des fêtes et les centres de wellness. La liste précise des lieux concernés figurera dans l’arrêté ministériel à venir. Les obligations seront similaires à celles en vigueur dans l’Horeca, à savoir l’inscription d’un formulaire de contact reprenant les coordonnées des clients.


Garantir la rentrée

Pas question toutefois de profiter des heures restantes pour réduire les efforts ou pour se relâcher. Le message est clair : la date de mercredi ne répond qu’à des raisons logistiques, mais l’appel est lancé à les suivre le plus rapidement possible. "L’idée n’est évidemment pas de faire n’importe quoi d’ici mercredi", a insisté Sophie Wilmès. La remarque vise ici à prévenir les "lockdown parties" qui s’étaient multipliées le 13 mars, à la veille du confinement.


"Les mesures prises aujourd’hui sont très fortes, mais il faudra du temps pour constater leurs effets sur la courbe épidémiologique", a rappelé Sophie Wilmès. Avec un objectif, toujours identique : aplanir la courbe, mais aussi tout faire pour garantir la rentrée de septembre : "Si nous n’intervenons pas de manière drastique, nous risquons de nous retrouver dans une situation tellement difficile que même la rentrée scolaire pourrait être mise à mal.", a averti la Première ministre.