"La Belgique est un des rares pays européens à avoir vacciné tous les résidents de maisons de repos qu'elle souhaitait", s'est félicité Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé, dans l'émission CQFD (RTBF). "A Bruxelles, cela représente 90% des résidents, vaccination en deux doses et quasi complète dans le personnel. On avance bien aussi dans le personnel hospitalier et on commence maintenant avec les autres collectivités [...] On peut d'ailleurs se demander si la baisse progressive des hospitalisation des personnes plus âgées ne découle pas en partie de la réussite de cette vaccination en maisons de repos".

Il a également évoqué les problèmes de livraison qui freinent cette campagne : "Seul Pfizer est capable de nous donner un rythme effectif de livraisons plusieurs semaines à l'avance. Pour tous les autres vaccins, nous recevons les rythmes de livraisons semaine après semaine".

"Si nous donnons un flacon à un médecin généraliste, au moment où il ouvre le flacon il devra directement avoir dix personnes devant lui prêtes à être vaccinées"

De son coté Sabine Stordeur, coresponsable de la Taskforce vaccination, a répondu aux interrogations sur le fait que les médecins généralistes étaient, pour l'instant, écartés de la campagne de vaccination alors même qu'ils sont probablement décisifs pour donner confiance à la population vis-à-vis des vaccins : "Nous comprenons l'enthousiasme des médecins généralistes à prendre part à cette campagne de vaccination. Mais au niveau de la logistique, il n'y a pas que la température de conservation qui pose problème. Il y a aussi le fait que les vaccins contre le Covid-19 se présentent en flacons multidoses. Nous avons pour Moderna ou AstraZeneca des flacons de dix doses. Une fois que vous percez le bouchon du flacon, vous devez administrer les dix doses dans un délai de six heures. Ce qui veut dire que dès qu'il ouvre un flacon, le médecin généraliste doit avoir devant lui dix patients prêts à être vaccinés. Et ce, avec un écart de 15 minutes pour qu'elles puissent être surveillées."

D'après Mme Stordeur, la vaccination de masse passe par de grands centres où sont acheminés tous les vaccins pour faciliter la logistique. "Si vous répartissez les doses dans les cabinets de consultation, vous allez devoir faire 10.000 trajets (NdlR : pour y déposer les vaccins) avec de très petites quantités. D'un point de vue logistique, ça va être ingérable."

Alain Maron a rappelé que les vaccins Pfizer et Moderna devaient se conserver à des températures très froides et ne pourraient donc pas être confiés aux généralistes. Mais il a ensuite nuancé l'approche. "Nous avons des publics difficiles à atteindre, qui se déplacent plus difficilement, plus désocialisés. On est en train de mettre en place des stratégies pour atteindre ces publics. Et il me semble évident que la médecine générale doit être partie prenante de cette stratégie-là."

L'AstraZeneca efficace à 94% trente jours après son injection

Par ailleurs, Sabine Stordeur a annoncé des résultats intéressants au Royaume-Uni, où 1,5 million de personnes ont été vaccinées avec des doses Pfizer et AstraZeneca, ce qui permet d'obtenir plus d'informations sur l'efficacité des différents vaccins selon les tranches d'âge mais aussi de rassurer sur l'AstraZeneca : "Nous avons maintenant des données réelles sur toutes les catégories d'âge, qui prouvent qu'Astrazeneca est aussi efficace que Pfizer et Moderna. Mais aussi que, 30 jours après la première dose, il a déjà un degré d'efficacité de 94%. Cette fois-ci, avec tellement de personnes âgées, on peut se dire que le vaccin d'Astrazeneca fonctionne aussi chez les plus de 55 ans. Cette publication doit encore être officialisée".