Sans mesures correctives immédiates, ce taux augmentera, prévient jeudi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). L'organisation s'inquiète également des conséquences de la crise du coronavirus et craint que des milliers d'enfants privés d'école, d'opportunités de jouer et de contacts sociaux ne se relèvent jamais de cette perte. Le suicide, le mal-être, l'obésité et les mauvaises compétences sociales et scolaires (lecture et mathématiques) sont devenues des caractéristiques bien trop courantes de l'enfance dans les pays riches, selon le dernier bilan du centre de recherches Innocenti de l'Unicef, qui s'appuie sur des données d'avant la crise. La pandémie de Covid-19, quant à elle, représente en outre des menaces importantes pour le bien-être des enfants.

Ce nouveau rapport, le 20e, classe les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège parmi les meilleurs pays de l'UE et de l'OCDE pour le bien-être des enfants. La Belgique y occupe le 8e rang.

Premier indicateur principal étudié, celui de la santé des enfants belges, considéré comme "préoccupante". Le pays occupe ainsi la 17e position concernant leur bien-être mental, avec un taux de suicide chez les jeunes "relativement élevé" de 6,1 pour 100.000 adolescents.

La dimension physique de la santé, le second indicateur, permet à la Belgique d'émarger au 7e rang, avec un taux de surpoids ou d'obésité de 23,9% (presque 1 sur 4) et un taux de mortalité infantile de 0,8 pour 1.000 enfants âgés de 5 à 14 ans.

Enfin, en ce qui concerne l'acquisition de compétences pour la vie, le 3e indicateur principal, le pays occupe la 8ème position, avec un taux de 68,8% d'enfants de 15 ans qui ont les compétences en lecture et en mathématiques ainsi que 79,2% d'enfants de 15 ans qui se font facilement des amis.

En revanche, le tableau est moins bon s'agissant des facteurs externes qui favorisent le bien-être des enfants, c'est-à-dire les politiques (sociales, éducatives et de santé) et le contexte (économique, sociétal, environnemental). La Belgique n'apparait en effet qu'à la 24ème position sur 41 pays riches analysés.

Les politiques de protection sociale inquiètent également l'Unicef. La Belgique y occupe en effet la 29e position, avec un taux de congé de maternité (18,1 semaines) et de paternité (5 semaines) très bas comparé à la moyenne des autres pays riches (36 semaines de plein salaire). Concernant la pauvreté infantile, le nombre d'enfants vivant dans un foyer avec un revenu en dessous de 60% de la moyenne est de 20,6% (soit 1 enfant sur 5).

En matière de politique de santé, la Belgique apparait à la 32e place du classement avec 85% d'enfants vaccinés contre la rougeole (contre 91,1% de moyenne pour les autres pays riches) et 6,7% d'enfants qui naissent avec un poids inférieur à 2,5 kg.

Enfin, le pays obtient par contre un bon score (10e au classement) pour l'indicateur éducation, avec un taux d'enfants fréquentant l'enseignement maternel de 98,4% et 3,8% de jeunes entre 15 et 24 ans qui ne sont ni à l'école, ni au travail, ni en stage.

D'immenses défis en matière d'éducation et d'égalité des chances à l'école demeurent toutefois. Avec la crise sanitaire, des milliers d'enfants ont en effet été privés d'école, d'opportunités de jouer et de contacts sociaux.

"Les crises précédentes nous montrent que certains enfants ne se relèveront jamais de cette perte", interpelle l'Unicef. La division belge de l'organisation a dès lors lancé la campagne #EnviedEcole, qui souligne que le droit à l'éducation est un droit fondamental pour chaque enfant avant, pendant et après une crise.