Le Comité de concertation a dévoilé son "plan d'été", qui débutera avec de premiers assouplissements le 9 juin. Pourtant, si le pire semble être derrière nous, Marc Van Ranst se dit inquiet. Celui qui qualifiait la lutte contre le coronavirus de marathon estime que les Belges sont encore loin de la ligne d'arrivée.

" Le Comité de concertation prend ici un risque. Ce risque n'est peut-être pas aussi élevé si tous les feux restent au vert. Si l'occupation des soins intensifs passe vraiment sous les 500 lits d'ici juin" , explique-t-il. Le virologue trouve d'ailleurs ce chiffre trop élevé. " Ma plus grande critique à l'égard du Comité de concertation est que le seuil de 500 lits en unité de soins intensifs ne sera pas abaissé davantage comme condition pour les assouplissements de juillet et août. D'ici là, nous devrions être bien moins de 500 lits en USI" , insiste-t-il.

Marc Van Ranst a également souligné l'importance de la ventilation. " Les mesures de CO2 devraient être obligatoires, estime-t-il , et non pas fortement recommandées".

"Possible de vivre avec de nombreux variants"

"Que les virus mutent, c'est la logique même. Nous le savons depuis longtemps ; il en va de même pour le virus de la grippe", rappelle Marc Van Ranst. Pour lui, c'est principalement les effets provoqués par ces variants qu'il faut garder à l’œil. "Cela conduit-il à des patients plus gravement malades et à des admissions en soins intensifs ? Cela nuit-il à l'efficacité de nos vaccins ? Sinon, il est possible de vivre avec de nombreux variants".

L'expert flamand se veut malgré tout rassurant : "Ça ne doit pas toujours être un énorme problème. Si un nouveau variant s'avère dangereux, la stratégie de lutte contre le coronavirus doit être adaptée rapidement. Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire dans ce cas".

Selon Marc Van Ranst, "il y a de fortes chances" que le variant indien devienne dominant en Belgique, supplantant ainsi la souche britannique. "Au Royaume-Uni, il est déjà en hausse. Et la même chose peut nous arriver. D'autant plus que, quelle que soit la façon dont on voit les choses, d'ici l'été, nous allons échanger des variants", affirme le virologue. Des propos qui vont à l'encontre de ceux de Piet Maes, qui estimait ce lundi qu'il était peu probable que le variant indien devienne dominant dans notre pays, auprès de l'agence Belga.

Selon Marc Van Ranst, la fin de l'épidémie n'est donc pas encore d'actualité. "Les vaccinations progressent et la couverture vaccinale est élevée : c'est une bonne nouvelle. Mais nous devons quand même être prudents."