L'association Servio, l'organisme coupole regroupant les anciens combattants, prisonniers politiques, victimes de guerre, vétérans et associations patriotiques affiliées belges, a appelé lundi ses membres - et plus largement la population belge - à ne pas oublier la commémoration de vétérans belges morts en opération militaire commandée à l'étranger, qui tombe chaque 7 avril.

Cette année, le volet officiel - une cérémonie à la colonne du Congrès, qui abrite la tombe du soldat inconnu à Bruxelles, en présence de représentants des corps constitués - a été annulé en vertu des mesures prises par le gouvernement pour endiguer la propagation du coronavirus. "Le Covid-19 nous oblige, à raison, à rester confinés. Il n'empêche que nous ne laisserons pas passer cette journée sans un geste. Pourquoi ne pas sortir le drapeau belge à nos façades? Pourquoi ne pas chanter la Brabançonne dans nos maisons? 

Ce faisant, c'est aussi un moment de compassion à exprimer pour les nombreuses victimes que le coronavirus a déjà faites en Belgique. C'est un geste de soutien à tous les malades qui luttent contre le COVID-19 et à tous ceux qui combattent le virus et aident notre pays à rester debout", a indiqué le président de Servio, l'amiral de division en retraite Jacques Rosiers, dans une lettre adressée aux vétérans et à leurs familles. 

La cérémonie annuelle du 7 avril rend hommage aux 252 militaires belges morts depuis 1945 au service de la paix dans le monde - dans des conflits, des opérations de maintien de la paix ou des interventions en Afrique. Elle se tient le jour de l'anniversaire de la mort des dix para-commandos assassinés à cette date en 1994 à Kigali, alors qu'ils servaient au sein de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), au tout début du génocide qui a fait quelque 800.000 morts selon l'ONU et "plus d'un million" selon les autorités de Kigali. Servio, qui regroupe une trentaine d'associations, représente quelque 25.000 membres, selon l'amiral Rosiers - un ancien conseiller militaire du roi Philippe avant son accession au trône.