"Faire de la politique en s'abstenant d'utiliser la voie législative et en interdisant d'approfondir le débat judiciaire, c'est le renoncement absolu et le degré zéro de la politique", a fustigé vendredi la présidente du CAL Véronique De Keyser. Les organes directeurs de la Stib décideront au début de la semaine prochaine de l'opportunité d'interjeter appel contre une décision du tribunal du travail ordonnant à la société de transport "de cesser de fonder sa politique de l'emploi sur un principe de neutralité exclusive" qui l'a amenée à discriminer en raison de ses convictions religieuses et de son genre une candidate à un emploi. À ce stade, le MR et DéFI se sont clairement prononcés pour que la direction de la société de transport interjette appel de cette décision alors que des déclarations en sens contraire se sont fait entendre au PS et chez Ecolo. Le CAL demande au politique de laisser le soin à la direction de la Stib d'interjeter appel.

Pour le CAL, il importe de rappeler "l'exigence de neutralité" imposée aux institutions publiques et ceux qui les représentent, de manière à garantir un traitement équitable des usagers et le pluralisme de la société. Selon lui, il est logique que toute entreprise qualifiée de "discriminante" réagisse, la Stib ayant, de surcroit, été régulièrement primée pour sa politique de diversité.

Mais le débat judiciaire prend une tournure politique, constate le CAL, alors que des réflexions sur la neutralité dans la fonction publique sont en cours à Molenbeek-Saint-Jean et Schaerbeek, et que la situation à Bruxelles ne manquera pas de rejaillir en Région wallonne ou ailleurs dans le pays. Or, le centre note que des acteurs politiques ont à travers leurs déclarations récentes remis en cause "le principe d'impartialité du service public et de la neutralité de ses agents". Le CAL appelle dès lors à sortir de la gestion "au coup par coup" de cette question ; il réitère sa demande d'adoption d'une législation "garantissant fermement la neutralité des agents publics".