La Première ministre Sophie Wilmès (MR) a affirmé ce jeudi 16 juillet à la Chambre avoir demandé à Sciensano de repenser sa communication quant à la situation épidémiologique en Belgique. Depuis plusieurs semaines, l'institut de santé publique tente de donner une vue plus globale de l'évolution de l'épidémie de coronavirus. Pour cela, Sciensano publie quotidiennement une moyenne, s'intéressant aux sept derniers jours. "Nous avons demandé à ce que soient à nouveau communiqués les chiffres quotidiens, a déclaré la Première ministre libérale. Ou, qu'ils les fassent au moins parvenir aux experts qui en ont absolument besoin."

L'ancien porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19, Emmanuel André, avait estimé ce jeudi matin que la stratégie de l'institut de santé publique n'était plus la bonne. "Les chiffres lissés dans le temps et l'espace par Sciensano ne sont pas suffisamment précis pour suivre l'évolution rapide de l'épidémie dans plusieurs zones du pays, avait écrit l'expert membre du GEES sur Twitter. Il est plus que temps de changer de mode de surveillance pour éviter un phénomène de caisses de résonance."

La décision de Sciensano de ne plus communiquer les chiffres quotidiens remonte au 23 juin. L'institut avait fait savoir alors qu'en raison de la diminution de la propagation du Covid-19, il était désormais plus intéressant d'observer l'évolution des tendances et non plus des données journalières. "Cela permet de mieux objectiver l'évolution de l'épidémie, indépendamment des fluctuations des chiffres journaliers", avait expliqué Sciensano dans un communiqué.

Plus de vigilance 

"Nous devons être bien plus vigilants", a pour sa part ajouté Sophie Wilmès. "Nous devons tout faire pour éviter la deuxième vague. Et l'expérience de ces derniers mois a été mise à profit pour améliorer notre réponse tant au niveau fédéral que régional."

La Première ministre a rappelé que le prochain Conseil National de Sécurité aura lieu le jeudi 23 juillet. "Nous aurons une vision plus claire sur la situation sanitaire."

Sophie Wilmès a par ailleurs nié tout souci de collaboration avec les experts, demandant de la "reconnaissance pour chacune et chacun qui a mouillé son maillot pendant la crise". "Je tiens de nouveau à dire à quel point je suis reconnaissante envers le GEES (le groupe d'experts chargé de l'exit strategy, NDLR) d'avoir fait ce travail. Ils nous apportent des conseils et il revient au politique de prendre les décisions. Au lieu d'utiliser des chamailleries par presse interposée, je préfère utiliser mon énergie à chercher des solutions."