Sophie Wilmès a été désignée "Personnalité belge de l'année" par les internautes de La Libre. Ceux-ci avaient le choix entre 26 noms et ils ont plébiscité l'ancienne Première ministre, qui devance l'épidémiologiste Marius Gilbert et le virologue Emmanuel André. Au total, 15.864 votes ont été enregistrés entre le 14 et le 28 décembre.

"Cette désignation me fait évidemment plaisir", reconnaît Mme Wilmès. "Mais elle laisse aussi un goût amer car elle rappelle à quel point nous avons été marqués ces derniers mois par le coronavirus. Je reçois encore énormément de témoignages de sympathie. Cette reconnaissance, je ne m'y fais pas. J'imagine que les personnes que je rencontre ont aussi des critiques à formuler, mais elles ne le font pas. Les regards sont plutôt bienveillants face aux difficultés à gérer une telle crise."

Il est vrai que la première femme à occuper le poste de Premier ministre belge a connu une année des plus mouvementées, au cours de laquelle elle a pu se révéler. En adoptant un ton pédagogique et bienveillant, la libérale a tenté de convaincre en douceur les citoyens belges de respecter les mesures sanitaires. Cette approche a été plutôt saluée par les médias du sud du pays. Elle a été davantage critiquée par ceux du nord. "J'ai du mal à comprendre que les regards puissent être si différents de part et d'autre de la frontière linguistique. Cela me frappe toujours", témoigne la résidente de Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités située en Flandre. "Mais il faut accepter les témoignages négatifs aussi pour pouvoir appréhender l'appréciation dans sa globalité."

Quand elle regarde dans le rétroviseur, Sophie Wilmès estime que le moment le plus difficile pour elle cette année fut l'annonce du lockdown le 12 mars. "On ne peut pas faire ce genre d'annonce comme un robot, on le fait avec notre âme et nos tripes. Nous partagions le même sentiment que les citoyens face à de telles décisions radicales, face à un impact si fort."

Cette année fut aussi marquée par le passage de Mme Wilmès du poste de Premier ministre à celui de ministre des Affaires étrangères du gouvernement désormais dirigé par Alexander De Croo. Un changement qu'elle assure "ne pas regretter du tout". "Etre Première ministre n'était pas un but en soi, et j'ai toujours voulu qu'on ait une majorité au Parlement pour être plus fort. Il ne faut pas être uniquement le premier ou la première pour pouvoir agir dans la société."

Alors qu'elle a mis en place, durant de longs mois, des stratégies pour combattre le Covid-19, Sophie Wilmès a finalement été frappée par la maladie en octobre, devant même être hospitalisée. "J'ai très peu de séquelles, je vais très bien", rassure-t-elle. "Mais cela relève de ma santé personnelle et je tiens à tracer une ligne entre ma vie privée et mon activité professionnelle, car ce n'est pas sain quand tout est public. Mais les différents gouvernements du pays doivent aussi penser à ceux qui gardent des séquelles du Covid tout en souhaitant recommencer à travailler. Car je sais que c'est compliqué..."